« General Electric ne respecte pas les accords »

Un accord a été signé pour éviter la délocalisation d'heure de travail à General Electric à Belfort.

Des représentants du personnel de l’entité turbines à gaz de General Electric étaient au ministère de l’Économie, ce vendredi, pour un nouveau comité de suivi des accords d’octobre 2019, finalisant le plan social. On attendait des engagements financiers. Il n’en est rien.

Des représentants du personnel de l’entité turbines à gaz de General Electric étaient au ministère de l’Économie, ce vendredi, pour un nouveau comité de suivi des accords d’octobre 2019, finalisant le plan social. On attendait des engagements financiers. Il n’en est rien.– mis à jour le 4 septembre à 21h48.

« General Electric voulait annuler la réunion. » Philippe Petitcolin est amer, en ce début d’après-midi, vendredi. Il revient sur la réunion de la matinée, au ministère de l’Économie. Un nouveau comité de suivi des accords de l’automne 2019. La réunion devait permettre d’acter les engagements vis-à-vis des 8 axes validés au mois de juin sur le prochain projet industriel. Alors que l’espoir était de mise en juin, le réveil de la rentrée est plus délicat. « Le processus d’arbitrages budgétaires 2021 est décalé à novembre-décembre », confie Philippe Petitcolin, pour expliquer la volonté de General Electric de reporter cette réunion. « Rien n’est très clair dans leur stratégie », constate de son côté Damien Meslot, maire de Belfort, qui a discuté pendant une heure, ce vendredi, avec Hugh Bailey, de General Electric France, le représentant du géant américain dans l’Hexagone. Et les faisceaux observés cet été ne sont pas de nature à rassurer Belfort. En témoigne la nomination de Joe Anis comme directeur de la région Europe, Afrique et Moyen-Orient, alors qu’il est basé à Dubaï. Face à cette situation, plusieurs élus ont alerté le Gouvernement.

Contreparties

Mais les syndicats Sud industrie et la CFE-CGC – la CGT ne veut pas siéger dans ce comité – ont voulu le maintenir, « pour montrer que d’autres engagements de General Electric ne sont pas respectés », appuie Philippe Petitcolin. Que ce soit vis-à-vis des accords de 2014 ou de 2019. Et de citer un exemple. Il y a eu une réorganisation importante, en juillet, au sein de la division Gas Power de General Electric. « On a eu l’opportunité de nommer des gens à Belfort et la possibilité de redonner du leadership », remarque Philippe Petitcolin. Mais rien.. C’est le cas depuis juillet, mais ce sont trois américains qui l’ont été. « Il y a très peu d’espoir que General Electric respecte les accords, acquiesce Philippe Petitcolin, avant de souffler : Nous allons arrêter de faire des réunions pour dire qu’ils respectent un peu, beaucoup ou pas du tout. »

Les syndicats ont aussi découvert que GE ne voulait plus se positionner sur l’intégration des centrales, pour ne faire que les turbines. Cette dimension d’intégration est la compétence première du site de Belfort. Cette annonce leur a permis de rebondir. « Il ne respecte pas, donc il y a des contreparties. » Le leader syndical imagine que General Electric peut aider à financer la construction d’une structure, adossée à un industriel, dont la mission première serait justement l’intégration des centrales, pour conserver les compétences. « Il faut préparer l’après GE », confie-t-il. Sur ce sujet, Damien Meslot de noter : On discute et on regarde. » Le recours judiciaire ne semble plus à l’ordre du jour.

« Dans le contexte actuel lié à la crise de la Covid-19, qui a affecté de manière importante les opportunités de marché et les commandes des clients, GE continue à mettre en œuvre l’accord d’octobre 2019 et à donner à Belfort une position clé pour soutenir l’activité de Gas Power, répond la direction dans un communiqué de presse adressé en soirée. (…) Concernant le projet industriel, des discussions préalables avec les représentants des salariés avaient permis d’identifier 8 axes stratégiques, parmi lesquels la filière hydrogène. Ces projets, qui représentent des investissements conséquents dans une période très compliquée, sont actuellement à l’étude par GE, en prenant en compte le contexte de marché et l’intérêt des clients. GE tiendra prochainement informés de ses avancées les représentants des salariés. « 

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