GE : l’intersyndicale rencontre la direction sur le projet alternatif

L’intersyndicale rencontre ce jeudi matin la direction de General Electric. Elle est prête à négocier si cela se fait dans le cadre de son projet alternatif, qu’elle vient de finaliser.

L’intersyndicale rencontre ce jeudi matin la direction de General Electric. Elle est prête à négocier si cela se fait dans le cadre de son projet alternatif, qu’elle vient de finaliser.

Début septembre, Bruno Le Maire a demandé à General Electric de revoir « significativement » son plan. Lors du comité de groupe européen, organisé les 24 et 25 septembre, le plan n’a été revu à la baisse que de 30 postes, soit 762 postes supprimés dans l’entité turbines à gaz. Et la négociation a été renvoyée au niveau « local » informe l’intersyndicale.

Lundi, elle a donc adressé à la direction son projet alternatif : la base de l’ouverture de négociations. Ce projet repose sur le fait que Belfort devienne le centre mondial 50 Hz, « conformément à l’accord du 4 novembre 2014 signé entre GE et l’Etat français », indique-t-elle dans son communiqué de presse. « Les centres de décision et les périmètres d’activité définis dans ce projet se basent sur l’expérience et l’expertise mondialement reconnues des équipes de Belfort et sur les engagements de GE auprès de l’État français dans l’accord du 4 novembre 2014, poursuit-elle. Ce projet écarte toute délocalisation d’activité compte-tenu des risques importants pour le business « gaz » au regard du retour d’expérience des précédentes délocalisations d’activités hors de Belfort. »

Des responsables mondiaux

Dans ce plan, l’intersyndicale revendique l’installation à Belfort de la supervision commerciale, comprenant notamment les offres. Elle réclame plusieurs postes de managers à Belfort répondant directement à Scott Strazik, le directeur mondial du business gaz. L’intersyndicale demande également que tous les responsables marketing des turbines à gaz 50 Hz soient à Belfort, que ce soit sur le marché du neuf comme de l’après-vente.

Dans l’activité recherche & développement, le projet alternatif demande « trois équipes (auxiliaires, control et BOP incluant le CM&U) avec des managers en charge des produits 50 Hz et du développement de process et des outils de configuration produit et modélisation système ». Ces équipes supportent notamment les activités marketing, commercial ou encore ingénierie. Le projet prévoit aussi un maintien des fonctions supports, notamment les ressources humaines, la comptabilité ou encore l’informatique.

Tout l’assemblage à Belfort

En termes de fabrication et d’approvisionnement, il peut y avoir une division entre Belfort et Greenville, aux États-Unis. L’intersyndicale demande cependant que l’assemblage de toutes les turbines 50 Hz soit à Belfort (60 Hz à Greenville) et le responsable de fabrication doit être un manager en lien direct avec Scott Strazik. Il en est de même pour l’assemblage des rotors et pour la fabrication et l’assemblage des aubes. Les représentants des salariés demandent aussi que la fabrication des stators neufs des turbines 50 Hz soient tous fabriqués dans la cité du lion. Sur l’usinage, l’intersyndicale demande le maintien de l’unité de Chonas, qui doit normalement être fermée. Le projet alternatif envisage aussi la localisation en France d’activités après-vente et de réparation.

Le projet prévoit enfin que la gestion des projets d’installation des centrales soit localisée à Belfort lorsque cela concerne le 50 Hz. Le « transfert de responsabilité entre le chef de projet de Belfort et le chef de projet en région [se fait] au moment de la livraison des équipements sur site », envisage l’intersyndicale.

Plan senior

Comme elle l’avait déjà précisé, l’intersyndicale est prête à faire un pas en avant, en discutant de la mise en place d’un plan senior et d’un plan de départs volontaires en 2020, à l’unique condition que la discussion soit basée sur le projet alternatif. Elle veut garantir un effectif assurant la pérennité de l’entreprise, conformément aux accords de 2014.

Le signe d’ouverture de General Electric a été très limité au regard de la demande du ministre de l’Économie. L’intersyndicale arrive avec une proposition. L’issue de cette réunion déterminera forcément la dynamique du conflit social.

Des salariés de Villeurbanne vont porter plainte aux USA

Des salariés d’un site de General Electric à Villeurbanne (métropole de Lyon), « vont attaquer le groupe américain aux États-Unis pour ne pas avoir tenu ses promesses sur l’emploi, a annoncé mercredi leur avocat », peut-on lire sur Le Figaro. Cette plainte est portée en nom collectif, une class action. Elle sera déposée à New York, la semaine prochaine. La restructuration de Villeurbanne prévoit « à l’été 2020, le transfert de l’activité montage de disjoncteurs haute tension, qui emploie la moitié des 500 salariés du site de Villeurbanne, vers celui d’Aix-les-Bains (Savoie) ». Comme à Belfort, les représentants du personnel craignent un plan en plusieurs étapes. Le conseil des salariés, selon le quotidien national qui cite une dépêche de l’AFP, « espère convaincre la justice américaine de contraindre GE à tenir ses engagements, en commençant par renoncer à ses restructurations en cours ».

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