Féminicide à Besançon: le compagnon mis en examen et incarcéré

L’homme de 34 ans qui a reconnu avoir tué à l’arme blanche sa compagne lundi à Besançon a été mis en examen et incarcéré, a-t-on appris jeudi auprès du parquet de cette ville marquée par deux féminicides en l’espace de quelques semaines.

(AFP)

L’homme de 34 ans qui a reconnu avoir tué à l’arme blanche sa compagne lundi à Besançon a été mis en examen et incarcéré, a-t-on appris jeudi auprès du parquet de cette ville marquée par deux féminicides en l’espace de quelques semaines.

« Il a été mis en examen pour meurtre sur conjoint » et « placé en détention provisoire », a indiqué à l’AFP le procureur de la République, Etienne Manteaux. Les faits se sont produits lundi soir, au domicile de la victime, âgée de 20 ans. Rapidement interpellé, son compagnon a reconnu les faits, sans pouvoir les expliquer, a précisé dans un communiqué la vice-procureur, Christine de Curraize. L’alerte avait été donnée par une amie de la victime qui, « apeurée », l’avait jointe par téléphone pour qu’elle appelle la police. Arrivée chez la jeune femme, son amie avait alors découvert son corps inanimé. Selon l’autopsie, la victime a reçu « dix-huit » coups de couteau, « principalement dans des zones létales, au niveau du cou » et dans le dos. L’un d’eux a sectionné « partiellement l’aorte », provoquant une « importante hémorragie » à l’origine du décès, selon Mme de Curraize.    

Des traces de coups ont également été relevées « sur les bras, la région cervicale antérieure » et « le crâne de la victime », témoignant « d’une scène particulièrement violente », a-t-elle ajouté. Le couple se connaissait « depuis environ trois ans » et leur relation était ponctuée de séparations. Des proches de la victime ont évoqué des « violences conjugales » de la part du suspect, toutefois jamais condamné pour de tels faits, selon la magistrate.    

La victime avait cependant sollicité l’intervention de la police en avril dernier après une altercation avec le suspect, sans porter plainte. Une intervenante sociale l’avait ensuite contactée mais elle n’avait pas donné suite. Il s’agit du deuxième féminicide à Besançon en quelques semaines, après la mort fin décembre d’une femme de 55 ans, tuée à coups de couteau par son mari. Mardi soir, environ 200 personnes se sont réunies au centre-ville, à l’appel de l’association Solidarité femmes, pour « manifester leur colère ». Les manifestants ont déposé des dizaines de bougies sur le sol avant d’observer une minute de silence en mémoire des victimes de féminicides. Selon le dernier bilan du ministère de l’Intérieur, 102 femmes avaient été tuées sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint en 2020. Le collectif féministe contre les violences sexistes et sexuelles #NousToutes a dénombré 113 féminicides en 2021.

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