Des poubelles jaunes dès janvier 2023 dans le Pays de Montbéliard

Poubelles jaunes ou point recyclage : les élus des 72 communes de Pays de Montbéliard Agglomération (PMA) ont dû trancher sur la question jeudi 10 mars. La réponse est loin d’avoir été unanime. 

Poubelles jaunes ou point recyclage : les élus des 72 communes de Pays de Montbéliard Agglomération (PMA) ont dû trancher sur la question jeudi 10 mars. La réponse est loin d’avoir été unanime. Mais les poubelles jaunes ont été retenues.

Les élus des 72 communes de Pays de Montbéliard Agglomération (PMA) ont débattu longuement, jeudi 10 mars, au sujet d’un nouveau mode de tri des déchets. Car dans les poubelles des citoyens de PMA, il reste encore 70% de déchets valorisables ou recyclables. Le dilemme : conserver les points de rassemblement pour le tri dit “point r” ou instaurer des bacs jaunes dans tout le pays de Montbéliard. 

Le but de cette opération : accompagner la mise en place, au 1er janvier 2023, d’une taxe incitative dite redevance d’enlèvement des ordures ménagères incitatives (REOMI) qui permettra d’uniformiser le mode de financement sur les 72 communes et de réduire la quantité d’ordures ménagères incinérées. Elle sera composée d’une part fixe de 70% relative à la taille du bac. Et d’une part incitative (30%) correspondant au volume trié. Cela a été acté il y a tout juste un an, le 11 mars 2021. « Au même titre que l’eau ou l’électricité, chaque usage paye en fonction de sa consommation, à savoir la quantité de déchets qu’il produit et qu’il présente à la collecte », expose, dans un communiqué, PMA. 

Ce jeudi, la question était donc de savoir quel mode de collecte était le plus adapté.  « Nous ne pouvons plus faire comme si de rien n’était. Entre 2017 et 2025, l’enfouissement des déchets  passera de 17 euros à 65 euros. Cela donne à repenser la manière de faire », a exposé Daniel Granjon, présentateur du projet et vice-président de PMA. 

Dans les sondages, le point R l'emporte

Face à cette question, les esprits se sont vite échauffés. Certains regrettent l’absence de consultation des citoyens de l’agglomération à ce sujet. Certains ont fait des sondages dans leur commune. D’autres leur reprochent. Évoquent un manque de transparence vis-à-vis des questions posées. En clair, rien ne va dans le bon sens. 

À Sainte-Suzanne, Étouvans, Abbévillers ou encore Courcelle-lès-Montbéliard, des consultations ont été organisées et le point R a remporté un franc succès. Parmi les justifications : peur du changement, peur de payer plus cher. Aussi, parce que la population estime y être habituée et affirme qu’elle s’y rend de toute façon pour le tri du verre. 

Pour Nicolas Pacquot, maire d’Etouvans et membre du groupe d’opposition Indépendants et solidaires, « c’est un sujet brûlant », car la taxe risque de faire brûler le budget des ménages les plus modestes qui ne sont pas habitués à trier. Or, sous cette forme et pour le moment, les habitants jettent toujours, par an, 237 kilos de déchets par habitant. PMA s’est fixé une visée de production de 150 kilos par an et par habitant. Les communes en sont encore très loin. 

Pour d’autres, le débat n’a pas lieu d’être. Peu importe le mode de collecte, c’est la redevance incitative qui donnera envie aux habitants de mieux trier. Onze villages en sont l’exemple : les villages de l’ancienne communauté de communes des 3-Cantons, qui l’appliquent déjà depuis six ans. Dans leurs communes, les déchets ménagers ont fondu de plus de 30%. 

L’adoption du bac jaune, à contre-coeur pour certains

Plus de temps, plus de consultations, plus de communication avant d’adopter la poubelle jaune, qui pourrait être une source d’augmentation des factures pour les ménages si le tri n’est pas bien effectué. Voilà ce qu’auraient voulu certains élus tels que Marie-Noëlle Biguinet, maire de Montbéliard, ou son premier adjoint Alexandre Gauthier. « Nous avons besoin d’une année supplémentaire. Une année de pédagogie pour le tri notamment pour les quartiers d’habitat social : il y a un énorme travail à faire », a prévenu la maire de Montbéliard. Un moratoire d’un an a été réclamé en ce sens, avant d’être rejeté. 

Mais pour Eric Lançon, élu de la liste montbéliardaise d’opposition, écologiste et de gauche, il est urgent d’agir pour le climat. « Nous n’avons plus le temps pour l’écologie, il faut adopter des mesures fortes pour montrer que l’on ne peut plus faire comme avant ». Des propos partagés par Martial Bourquin, maire PS d’Audincourt et Damien Charlet, son adjoint, et vice-président de PMA. « La redevance incitative va aider à trier, mais est-ce qu’on a envie de donner l’impression que la problématique écologique est quelque chose qui doit être menée à la baguette La poubelle jaune est le moyen de constituer un solide maillon », a affirmé Damien Charlet. 

Finalement, malgré les réticences d’un certain nombre d’élus, c’est la poubelle jaune qui a été adoptée (67  votes pour la poubelle jaune contre 43 pour les points R).

Encore de nombreuses questions

Le groupe d’opposition Indépendants et Solidaires a fait paraître un communiqué dès le lendemain pour alerter sur ses craintes. « Cette annonce est l’arbre qui cache une forêt », expose le groupe. Pour eux, de nombreuses questions sont encore à élucider. Notamment, celle de la relève des encombrants à domicile, qui passera à 20 euros au 1er janvier. « Cela est dissuasif », expose le communiqué. Aussi, le sort des compagnons d’Emmaüs qui traitaient jusqu’ici les déchets recyclables : « Il n’est pas connu ». 

La plus grosse crainte, c’est celle liée aux contributions annuelles des usagers. Selon le groupe d’opposition, elle pourrait doubler pour certaines familles. PMA, de son côté, envisage une vaste campagne de communication pour prévenir ce genre de problème et montrer, de manière pédagogique, comment trier pour que les habitants soient prêts pour le début d’année prochaine. 

La REOMi ne sera pas un impôt supplémentaire pour les usagers

La REOMi n’est ni un impôt ni une charge supplémentaire. Elle est déjà un service payé, à travers : 

  • la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM), reçue avec les impôts fonciers. Cette contribution est calculée sur la valeur locative du logement et n’est pas fonction de la production des déchets du foyer.
  • la redevance d’enlèvement des ordures ménagères (REOMi).

À compter du 1er janvier 2023, la REOMi remplacera le dispositif tarifaire actuel (TEOM ou REOMi) par cette tarification incitative qui correspondra à la  « consommation du service déchets » comme pour l’eau, le gaz et l’électricité. 

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