Damien Meslot : « Ma préférence va vers un département commun »

Le pôle métropolitain Nord Franche-Comté a désigné ce vendredi soir son nouveau président, pour un mandat de deux ans. Damien Meslot, président sortant, a regretté les blocages constants. Et invite à lancer une évolution institutionnelle. Fernand Burkhalter, président de la communauté de communes du pays d’Héricourt, prend la suite. Lui aussi demande d’entamer une réflexion.
Damien Meslot, maire de Belfort et président du Grand Belfort. | ©Le Trois – archives
Le pôle métropolitain Nord Franche-Comté a désigné ce vendredi soir son nouveau président, pour un mandat de deux ans. Damien Meslot, président sortant, a regretté les blocages constants. Et invite à lancer une évolution institutionnelle. Fernand Burkhalter, président de la communauté de communes du pays d’Héricourt, prend la suite. Lui aussi demande d’entamer une réflexion.

« Nous aurions pu faire plus ! » Depuis plus de cinq minutes, ce vendredi 28 octobre, dans l’hémicycle de Pays de Montbéliard Agglomération (PMA), Damien Meslot, maire Les Républicains (LR) de Belfort, président du pôle métropolitain Nord Franche-Comté depuis deux ans, tire le bilan de son action à la tête du pôle métropolitain Nord Franche-Comté. « Dense », la qualifie-t-il. Mais il y a une pointe d’amertume qui résonne dans ses propos. « Des blocages freinent l’action du pôle et empêchent la construction politique du Nord Franche-Comté », regrette Damien Meslot.

Et de pointer du doigt Pays de Montbéliard Agglomération, « qui pose son veto sur les projets structurants et stratégiques ». Et de résumer : « PMA refuse d’envisager l’avenir de notre territoire en ayant une vision métropolitaine. » Et de citer les échecs des scènes nationales, de la création d’une autorité d’organisation des mobilités (AOM) ou l’impossible dialogue sur le Sertrid (notre article). « Je me demande si ce choix était guidé par l’intérêt général », critique-t-il. Et de déplorer, encore, le refus de PMA de recruter un nouvel agent au pôle métropolitain dédié à la gestion des fonds européens, « qui aurait eu pour but d’aider nos [intercommunalités] à mieux profiter de ces fonds ». Sur les fonds disponibles européens pour l’ancienne Franche-Comté, seulement 18 % ont été affectés pour le nord Franche-Comté, alors qu’il aurait pu prétendre à plus, par manque de moyens humains. L’enjeu est conséquent. Damien Meslot a surtout regretté que le dossier de ce recrutement soit retiré de l’ordre du jour au dernier moment par Charles Demouge, qui récupérait la présidence de l’instance, en qualité de doyen de l’assemblée. Et lui de justifier, en fin de séance, que le pôle n’avait pas besoin de plus d’agents, en comparant la situation des autres pôles métropolitains qui sont très peu dotées en moyens humains.

L’État attend une avancée institutionnelle

« Le pôle métropolitain n’a pas été créé pour être seulement une instance de dialogue », estime Damien Meslot. Il doit être « plein et entier, porteur, stratège et doté d’une vision ». Le maire de Belfort et président du Grand Belfort invite à se questionner sur une évolution institutionnelle du pôle ; il n’est pas possible, selon lui, que quand quatre intercommunalités sont d’accord sur un projet, il soit bloqué à cause du véto de la cinquième. Une petite ambiance de Guerre froide couve.

Damien Meslot propose de saisir les conseils de développement de Pays de Montbéliard Agglomération et du Grand Belfort pour étudier « les possibilités d’évolution institutionnelles permettant de surmonter ces blocages ». Selon lui, il faut aller au-delà du pôle métropolitain. Il veut conserver l’indépendance des intercommunalités, mais travailler avec une vue commune. Sa préférence se dirige « vers un département commun regroupant Héricourt, Belfort et Montbéliard ». Et d’inviter : « Soyons imaginatifs, unis, visionnaires et nous pourrons jouer dans la cour des grands. »

D’abord silencieux, Charles Demouge a pris la parole en fin de conseil. Le dialogue a été tendu avec Damien Meslot. Ils ont voulu dévoiler la responsabilité de chacun sur l’échec des dossiers, quitte à s’invectiver en dénonçant les mensonges de l’autre. Mais c’est bien deux visions antinomiques qui se révèlent. Le pôle métropolitain « n’a pas d’autonomie » souligne Charles Demouge, rappelant notamment l’absence de fiscalité. Selon lui, le pôle « doit prendre l’existant » pour aller « vers le mieux ». Il le voit aussi comme « gagnant-gagnant » et « on ne peut pas avoir toujours un gagnant et un perdant », schématise-t-il, pour mieux dire qu’il estime que l’agglomération montbéliardaise est lésée. La rupture est forte. Samia Jaber, élue belfortaine, membre du comité métropolitain, de résumer la situation : « Le pôle métropolitain mérite mieux que ce que nous avons ? »

Ce que dévoilent les votes

La présidence du pôle métropolitain repose sur « des convenances », comme l’a rappelé Charles Demouge, en qualité de président de séance, comme doyen de l’assemblée. La présidence est tournante. Le siège de président revient à Fernand Burkhalter, président de la communauté de communes du pays d’Héricourt. Quatre postes de vice-président sont ouverts, pour les quatre présidents des quatre autres intercommunalités. On observe que Charles Demouge a été élu 1er vice-président avec 8 votes blancs sur 27 votants. Damien Meslot, 2e vice-président, n’a recueilli que 3 votes blancs.

Fernand Burkhalter, le président de la communauté de communes du pays d’Héricourt (CCPH), a été élu président du pôle métropolitain. Il a prononcé un propos volontaire sur le rôle du pôle métropolitain, invitant à être « plus intégré ». Il veut s’attacher « à résoudre les problèmes de nos administrés plutôt que de défendre l’intérêt de nos institutions », intime-t-il, glissant également qu’il ne croit pas forcément à une identification politique, comme une métropole. « Nous sommes multipolaires », a-t-il concédé également. Et de relever : « Les acteurs tiers légitiment davantage l’échelon métropolitain que nous-mêmes, qui siégeons dans cette assemblée. » Il souhaite que les divisions actuelles soient « surmontées ».. Selon nos informations, l’État regarde d’un œil vigilant une avancée institutionnelle de ce bassin de vie.

Fernand Burkhalter veut avancer sur la question de la gestion des transports, en créant une autorité d’organisation des mobilités (AOM) unique à l’échelle du bassin. C’est la première compétence à transférer selon lui. Après avoir été « une tête de mule », de son propre aveu, Fernand Burkhalter a annoncé que la CCPH rejoindrait l’ADNFC. C’est l’annonce forte de la soirée, qui entretient le souffle court d’une division entre les deux agglomérations.

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