Covid-19 : les élus du Département critiquent l’arrêt du centre de vaccination mobile

Les élus du Département du Territoire de Belfort critiquent l’arrêt du centre de vaccination mobile

Le conseil départemental a mis en place un centre de vaccination mobile contre la covid-19, qui sillonne les routes du Territoire de Belfort. Aujourd’hui, les dotations en vaccins se réduisent et l’unité est invitée à fermer le 10 mai. Les élus ont approuvé une motion pour s’insurger de cette situation, qu’ils estiment contradictoire avec les orientations du Gouvernement.

Le conseil départemental a mis en place un centre de vaccination mobile contre la covid-19, qui sillonne les routes du Territoire de Belfort. Aujourd’hui, les dotations en vaccins se réduisent et l’unité est invitée à fermer le 10 mai. Les élus ont approuvé une motion (à retrouver ci-dessous) pour s’insurger de cette situation, qu’ils estiment contradictoire avec les orientations du Gouvernement.

Le centre mobile de vaccination mis en place par le conseil départemental du Territoire de Belfort a assuré 63 jours de vaccination, en s’installant dans les équipements de quatorze communes partenaires. Il a réussi, sur une journée, à inoculer 288 doses, soit autant que ce que fait le vaccinodrome du Phare, à Belfort, depuis cette semaine (notre article). Le centre mobile a notamment accentué la vaccination sur les plus de 75 ans.

Si l’État a annoncé une accélération du rythme des vaccinations, ce n’est plus le cas du centre mobile. Jusqu’au 7 mai, il ne reçoit à présent que les doses nécessaires aux secondes injections. Et à partir du 10 mai, il ne sera plus en capacité de vacciner, car ne recevant plus de doses. Une décision prise « en anticipation de la période estivale qui devra conduire à une réorganisation de la stratégie vaccinale compte-tenu des publics cibles et des ambitions affichées », note la motion, en citant l’argument des services de l’État. « Cela induit de facto l’arrêt du centre mobile de vaccination, et ce de manière unilatérale et prématurée », regrette la motion, lue par Florian Bouquet, président du conseil départemental.

« L’État se priverait d’une capacité́ de 6 000 vaccins supplémentaires par mois et d’un dispositif agile et efficace de réservation/annulation des rendez-vous avec un taux de réponse immédiate de plus de 90 % », interpelle la motion. Christian Rayot, de l’opposition de la gauche républicaine, questionne cette décision, dans le contexte électoral des élections départementales et régionales et fustige la gestion logistique – en la confiant à la Commission européenne – de l’attribution des vaccins. On aurait mieux fait de nommer un général pour le faire glisse-t-il.

« Un effondrement de la valeur de la parole publique »

Bastien Faudot, élu d’opposition, membre de la gauche républicaine et socialiste (GRS), s’est insurgé contre l’attitude du Gouvernement et « son système d’infantilisation généralisée ». Il déplore la différence de niveau de vaccination entre la France et la Grande-Bretagne. Ce 14 avril, le Gouvernement français annonçait 11,6 millions de Français ayant reçu au moins une injection et 4,1 millions ayant reçu deux injections (sur 67 millions d’habitants). En Grande-Bretagne, le département de la Santé annonçait, le 13 avril, que 32 millions de personnes avaient reçu au moins une injection (sur 66,6 millions d’habitants).

« Nous avons dépassé hier le nombre de personnes en réanimation de la première vague et le message que nous faisons passer, c’est de fermer un centre de vaccination mobile », tance Bastien Faudot, en rappelant le mensonge originel sur les masques. « C’est un effondrement de la valeur de la parole publique », dit celui qui est tête de liste pour les élections régionales, avec Le Temps des Cerises, qui regroupe plusieurs forces de gauche. « Ce ne sont plus des alliés (les membres du gouvernement, NDLR) au quotidien pour défendre les intérêts nationaux », lance-t-il avec véhémence, critiquant une nouvelle fois les politiques libérales qui ont fragilisé le système de santé et entraîné « l’effondrement » de la recherche française qui conduit l’Institut Pasteur à arrêter des recherches sur le vaccin.

« C’est un scoop, je partage pas mal de vos remarques », a relevé Maryline Morallet, de la majorité. « L’État coupe les vivres du vaccin, déplore-t-elle, avant de rappeler : Mais à un moment, on avait les vaccins sans la logistique. Ce sont les élus qui ont fait des efforts pour ne pas perdre de doses. » Frédéric Rousse, vice-président, y voit « une défiance vis-à-vis des collectivités locales ». Julie de Breza, membre du MoDem, invite à rediscuter avec le préfet pour maintenir le centre et voit, dans la date du 10 mai, un changement de calendrier dans la politique vaccinale, où l’ouverture sera plus large et moins vers le public cible des plus fragiles.

Les élus ont approuvé à l’unanimité ce document, rappelant « leur engagement pour que le Département agisse aux côtes de l’État à l’effort de déploiement de la stratégie de vaccination pour répondre aux seuls enjeux de santé publique ».  Sylvie Ringenbach, du groupe d’opposition de la gauche républicaine, a invité à transmettre cette motion à tous les maires ruraux du département,.

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