Brocanteur torturé à mort à Besançon: l’accusé condamné à perpétuité

L’accusé, âgé de 31 ans, affirme ne rien avoir avec le crime. Il a annoncé qu’il va faire appel.

Un homme de 31 ans a été condamné vendredi à Besançon à perpétuité pour avoir, en 2013, torturé à mort un brocanteur de 63 ans, afin de lui faire avouer où il avait caché 50 000 euros en liquide. La peine prononcée par la cour d’assises du Doubs à l’encontre d’Ali Kaabouche est conforme aux réquisitions du parquet. Le condamné, qui n’a cessé d’affirmer qu’il n’avait « rien à voir » avec le crime, a annoncé son intention de faire appel. Le 20 octobre 2013, vers 4 h 30, deux ou trois personnes s’étaient introduites au domicile du brocanteur à Chalezeule, près de Besançon. Les agresseurs l’avaient battu et torturé, probablement avec un tournevis, qu’ils avaient enfoncé plusieurs fois jusqu’à l’os, pour lui faire avouer où il cachait 50.000 euros et des armes.

L’autopsie a révélé une quinzaine de fractures – les côtes, les os du visage et des membres -, ainsi que de nombreuses plaies aux membres. Aucun organe vital n’avait été touché. L’homme était décédé après plusieurs heures d’agonie, d’une crise cardiaque consécutive aux violences subies. « Vous avez torturé ce monsieur. Est-ce que vous êtes allé pour le tuer ? Non. Est-ce que vous êtes allé pour le voler ? Oui. Mais les choses ont mal tourné, parce qu’il a résisté », a résumé vendredi, au dernier jour du procès, l’avocate générale, Margaret Parietti.

Deux témoignages essentiels

Pendant quatre jours d’un procès marqué par les dépositions de témoins tenaillés par la peur des représailles, l’accusé – déjà condamné plus d’une dizaine de fois pour des faits de violence et de trafic de stupéfiants – a affirmé son innocence et maintenu que les témoins à charge mentaient. Son ADN n’a pas été retrouvé sur la scène du crime, et son profil ne correspondait guère au « grand professionalisme » attribué par les enquêteurs aux auteurs des faits, a souligné l’avocat de la défense, Me Patrick Uzan, qui a plaidé l’acquittement.

A l’audience, la soeur de M. Kaabouche lui a apporté un alibi de dernière minute : la nuit des faits, il « gardait mes enfants », a-t-elle affirmé.
« On a cherché partout et on n’a rien trouvé. Les preuves rationnelles n’ont pas été apportées » contre ce « trafiquant de stupéfiants, qu’on vous demande de faire payer pour toute son oeuvre », a fulminé Me Uzan, dénonçant une « construction » et un « crime de sale gueule ». La mise en cause de M. Kaabouche s’appuyait essentiellement sur les témoignages de deux personnes : un jeune dealer qu’il a tenté, en vain, « d’embarquer dans le coup » et une toxicomane qui connaissait la victime, et à qui l’accusé avait demandé des détails sur le brocanteur, qu’il « surveillait ».

Ces témoignages sont « extrêmement solides » et « parfaitement concordants », alors qu’ils « ne se connaissent pas », ont souligné les avocats de la partie civile, Me Emmanuelle Pernet et Me Enguerrand Bagot. Les gendarmes ont par ailleurs noté que le téléphone principal d’Ali Kaabouche avait étrangement été éteint la nuit des faits, du 19 octobre à 17 h au 20 octobre 2013 à 13 h 30.

(AFP)

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