Belfort : relancer la machine économique par le bâtiment et les travaux publics

Reprise dans le BTP

Le préfet du Territoire de Belfort en appelle à la « réactivité et au pragmatisme ». Afin de s’adapter au plus vite aux dispositions qu’annoncera demain le Premier ministre, il a mis en place des groupes de travail qu’il décrit comme des « task forces ». En attendant, il mise sur le bâtiment et les travaux publics pour relancer l’activité via les commandes publiques.

« Nulle part en Europe le bâtiment et les travaux publics n’ont été aussi touchés » qu’en France, a constaté le préfet du Territoire de Belfort lors de son point presse hebdomadaire, ce lundi 27 avril. Mais les chantiers redémarrent ou vont redémarrer dans le Territoire de Belfort, et il s’en réjouit : « 90% des entreprises de travaux publics ont redémarré ». Il faut dire que les collectivités locales et ses services ont une capacité d’action dans ce domaine. Ainsi, David Philot indique avoir signé des dotations de l’État dans le département pour un montant de 3,2 millions d’euros, qui vont se répercuter sur des marchés pour un volume de plus de 30 millions d’euros. Parallèlement, les collectivités locales et les communautés d’agglomérations relancent les chantiers, en lien avec les entreprises, , la Capeb, le Medef, les chambres consulaires, afin notamment d’assurer des conditions sanitaires sûres.

Et c’est ce mode opératoire sur lequel le préfet compte s’appuyer dans les prochaines semaines pour conduire le déconfinement dans le département. « Nous sommes en ordre de marche pour reprendre, des équipes sont mises en place, que j’appellerais plutôt des « task forces » » dans différentes domaines comme le sanitaire, l’éducation, l’isolement des personnes testées positives au covid-19, les masques. Ces équipes associent services de l’État, collectivités, représentants des secteurs concernés. Elles ont pour objectif d’anticiper et de préparer le déconfinement, de façon à réagir au plus vite au cadre qui sera fixé par l’État et que le Premier ministre présentera ce mardi à l’Assemblée nationale. « Nous n’avons jamais été confrontés à autant de décisions dans autant de secteurs, souligne le préfet. Cela demande des ajustements régulièrement. C’est le propre de la gestion de crise. »

Entre accalmie sanitaire et léthargie économico-sociale

La décrue se confirme à l’hôpital de Belfort-Montbéliard. 160 personnes (contre 198 lundi dernier) sont hospitalisées en raison du covid-19, dont 20 en réanimations. On retrouve un niveau de fin mars, et, la semaine dernière encore, 39 personnes étaient en réanimation. On déplore 143 décès, soit 11 de plus que la semaine dernière, et 346 sorties de l’hôpital, soit 39 de plus.

Parallèlement, les entreprises se sont installées dans le chômage partiel ce mois d’avril. Ce dispositif concerne 60% des entreprises du Territoire de Belfort et 48% des salariés. Dans l’hôtellerie-restauration, ce sont 73% des entreprises et 66% dans le BTP. Ces chiffres pourraient monter en cette fin de mois. Les congés pour garde d’enfant ou pour précaution médicale basculent en activité partielle, régime plus favorable au-delà de 21 jours. De plus, une ordonnance du 22 avril étend le chômage partiel aux heures supplémentaires dans certains secteurs d’activité comme l’hôtellerie-restauration. Les salariés seront ainsi indemnisés sur une base de 39 heures au lieu de 35 heures, soit une indemnisation de 10% selon le directeur de l’Urssaf, M Leclerc.

Au passage, le préfet souligne la plan d’aide qui vient d’âtre mis en place pour ce secteur : ouverture du fonds de solidarité au-delà de mai, avec des conditions spécifiques, exonération des charges salariales (et non simple report), etc.

Les demandes d’aides au titre du fonds de solidarité se sont accélérées. Au 23 avril, les services des impôts avaient enregistré 1167 demandes et un montant d’environ 1,5 million d’euros avaient été versés. Il ne reste plus que quelques jours, jusqu’au 30 avril, pour solliciter l’aide au titre de mars, souligne M. Pessarossi, directeur des finances publiques pour le Territoire de Belfort. Début mai commencera la campagne pour les demandes d’avril.

Dans l’Éducation nationale, le directeur départemental, M. Krantz, indique analyser avec la préfecture et les communes et le Département les capacités d’accueil des locaux, la logistique. Mais là aussi, on attend les axes fixés par le Premier ministre. Si le directeur départemental est serein sur l’équipement des enseignants en masques, il attend la « doctrine » concernant les élèves dans ce domaine.

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