À L’Esta, on sensibilise les étudiants « au dérèglement climatique »

Les nouveaux étudiants de l'Esta participe à la Rentrée climat, qui sensibilise au dérèglement climatique.

Les 120 nouveaux étudiants de l’école supérieure des technologies et des affaires (Esta) ont participé, jeudi, à l’évènement Rentrée climat. Une initiative, œuvre de l’association La Fresque du Climat, qui cherche à sensibiliser de manière ludique les étudiants au dérèglement climatique. Dans l’école belfortaine, le projet est animé par Gregory Kotnarovsky, enseignant-chercheur climat, énergie et économie. Il explique les enjeux, les défis et regarde la place d’une école comme l’Esta dans l’adaptation de nos modèles de société.

Après avoir suivi une préparation militaire, les 120 nouveaux étudiants de l’école supérieure des technologies et des affaires (Esta) ont participé, jeudi, à l’évènement Rentrée climat. Une initiative, œuvre de l’association La Fresque du Climat, qui cherche à sensibiliser de manière ludique au dérèglement climatique. Dans l’école belfortaine, le projet est animé par Gregory Kotnarovsky, enseignant-chercheur climat, énergie et économie. Il explique les enjeux, les défis et regarde la place d’une école comme l’Esta dans l’adaptation de nos modèles de société.

Les nouveaux étudiants de l’Esta participent à la Rentrée climat. Qu’est-ce que c’est ?

La Rentrée climat est un évènement organisé par l’association La Fresque du Climat, créée par Cédric Ringenbach. Il intervient à l’école Centrale de Nantes (Loire-Atlantique), c’est d’ailleurs un ancien Centralien. Son boulot, c’était d’expliquer le rapport du Giec (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) aux étudiants, dont la 5e édition a été publiée en 2014. Un document de plusieurs milliers de pages, en anglais. L’expliquer, c’était un peu difficile. Il a réfléchi à un nouveau dispositif pédagogique pour rendre compte de ce rapport et il a créé la Fresque du climat.

Comment cela se présente ?

La Fresque du climat, c’est un jeu de 42 cartes dans la version adulte. On reconstruit les causes et les conséquences du dérèglement climatique. On va partir des activités humaines, en étudiant un certain nombre de concepts : la combustion des énergies fossiles ; l’effet de serre additionnel ; le bilan énergétique ; où va l’énergie emmagasinée sur terre… Petit à petit, on regarde les conséquences du dérèglement climatique, comme la baisse des rendements agricoles ; un vrai sujet, car le but c’est aussi que l’ensemble de la planète puisse manger. On parle aussi des deux bombes climatiques : la fonte du pergélisol, le permafrost comme on l’appelle souvent, et la fonte des hydrates de méthanes, dans le fond des océans.

Pourquoi avez-vous souhaité sensibiliser les étudiants de l’Esta et organiser un évènement de cette envergure ?

La Rentrée climat a été lancée l’an dernier. Elle a eu lieu dans de nombreuses grandes écoles : Polytechnique, Essec, HEC… L’association a sensibilisé 10 000 étudiants l’an passé. Elle s’est lancée le défi de sensibiliser 100 000 étudiants cette année. Elle a contacté les établissements d’enseignement supérieur et nous a proposé de nous accompagner pour organiser cette animation. C’est un bon moyen pour les étudiants, qui sont en équipe de 6 à 8, lors d’une première journée ou d’une intégration, de se découvrir et de construire un esprit de corps. De l’autre côté, ils découvrent un sujet dont on parle très souvent, le dérèglement climatique, à travers ces documents scientifiques que sont les rapports du Giec. Tous les graphiques qui sont sur la Fresque du climat sont issus de ces rapports.

"Je n’ai pas la solution. Par contre, c’est avec nos étudiants que nous pouvons essayer de les construire et regarder vers où nous pouvons tendre pour avoir un monde plus pérenne"
Les nouveaux étudiants de l'Esta participe à la Rentrée climat, qui sensibilise au dérèglement climatique.
Gregory Kotnarovsky
Enseignant-chercheur à l'Esta

Vous êtes formé pour être animateur de ce jeu. Pourquoi ce choix ? Pourquoi pensez-vous que c’est si important de sensibiliser les étudiants que vous suivez toute l’année ?

Oui, je suis formé à l’animation de la Fresque du climat. Je ne fais pas ce genre d’animations qu’à l’occasion de la Rentrée climat. Je peux animer auprès de publics divers et variés, en ligne ou en présentiel. Ce sont des sujets qui m’intéressent. J’ai fait une thèse de doctorat sur les programmes d’efficacité énergétique. Je suis persuadé qu’il faut que les modèles économiques actuels évoluent ; les modèles productivistes qui se basent sur « produire plus pour gagner plus ». Dans un monde aux ressources finies, je ne vois pas comment il peut perdurer ad vitam aeternam ; un jour, il n’y aura plus de pétrole. S’il y a des endroits invivables, avec une population qui ne fait que croître, il y aura probablement des gens qui auront envie de venir chez nous. Nous voyons déjà comment cela se passe quand il y a des réfugiés de guerre… Alors si nous parlons de centaine de milliers, voire de millions ou de dizaines de millions de personnes, cela risque de se passer encore moins bien. Nous devons discuter de ces sujets avec nos jeunes. Je n’ai pas la solution. Par contre, c’est avec eux que nous pouvons essayer de les construire et regarder vers où nous pouvons tendre pour avoir un monde plus pérenne.

Dans les partenaires de la Rentrée climat, il y a The Shift project, qui milite pour une économie décarbonée, dont l’une des figures est Jean-Marc Jancovici. Ce n’est pas forcément des figures que l’on s’attend à rencontrer dans une école de commerce… Y a-t-il un enjeu à casser cette image associant école de commerce et surconsommation ?

Cédric Ringenbach, le président de La Fresque du Climat, est l’ancien directeur de The Shift project. Ce sont des gens engagés, plutôt des ingénieurs de formation – Jean-Marc Jancovici est Polytechnicien. À l’Esta, la moitié du cursus est en ingénierie et l’autre moitié en commerce. Même si c’est une école plutôt estampillée « école de commerce » qu’école d’ingénieur, on retrouve les deux cursus. Les étudiants vont devoir réfléchir sur des solutions techniques : comment consommer moins de matière ; comment réduire les cycles ; comment réduire la consommation énergétique… De l’autre côté, ils vont réfléchir à la proposition de valeur pour vendre ces technologiques qui seront probablement moins consommatrices. Aujourd’hui, soit je vends plein de téléphones portables et je gagne plus, soit je crée une nouvelle forme de business en faisant de la réutilisation ou de la location de téléphone. C’est un modèle économique que l’on appelle l’économie de fonctionnalité. Ce sont des modèles économiques qui peuvent être enseignés dans les cours d’économie et de stratégie d’une école.

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