(AFP)
La décision avait été annoncée fin août : des travaux allaient être lancés, presque en urgence, pour raccorder la commune d’Evette-Salbert au réseau d’eau du Grand Belfort. Jusqu’alors, cette commune était alimentée en eau par le syndicat des eaux de Champagney. Lequel se trouvait, et se trouve encore en cette fin octobre, en situation très tendue pour l’approvisionnement en eau des habitants qu’il dessert.
Damien Meslot, président du Grand Belfort, l’a rappelé ce mardi 27 octobre, lors d’un couper de ruban symbolique pour marquer la fin des travaux et la mise en fonction effective du raccordement depuis le 8 octobre. Les travaux ont débuté le 9 septembre et se sont achevés le 7 octobre. Ils représentent un investissement de 180 000 euros hors taxes pour le Grand Belfort, qui a déposé une demande de subvention de 50 % auprès de l’agence de l’eau (demande en attente de la réponse).
Risque de coupure d'eau écarté
Si pour le Grand Belfort cet investissement permet d’écarter les risques de coupure d’eau à Evette-Salbert, il permet de soulager le syndicat des eaux du secteur de Champagney d’un prélèvement de 400 à 600 m3 d’eau par jour. Un vrai plus dans le contexte d’une année de sécheresse inédite jusqu’à cet été 2026.
Michel Claudel, président du syndicat intercommunal d’alimentation en eau potable du secteur de Champagney, a d’ailleurs salué ce qu’il considère comme un geste de solidarité entre intercommunalités, attitude qui est devenue la règle aussi bien entre le Grand Belfort et le syndicat en alimentation en eau du secteur de Champagney, qu’avec Héricourt ou le pays sous-vosgien. « Les interconnexions, c’est ce qu’il faudra faire de plus en plus », a-t-il souligné.
Une solidarité qui persiste en cette fin du mois d’octobre, car les quelques précipitations de ces derniers jours sont encore loin d’avoir rechargé la nappe phréatique : les consignes de restriction d’usage de l’eau restent en vigueur.
L’eau devient un sujet prioritaire des élus
Le syndicat des eaux de Champagney alimente 18 000 abonnés et livre 700 000 m3 par an. Début octobre, la sécheresse a atteint de telles proportions que les communes d’Auxelles-Bas et Auxelles-Haut ont invité leurs habitants à étaler leur consommation en mettant par exemple en marche leurs lave-linge et lave-vaisselle pendant la nuit. Les deux puits de captages, de 20 mètres habituellement, étaient tombés sous les 4 mètres. En fin de saison d’été, ils sont habituellement à 12 mètres, explique Michel Claudel. « Il faudra dans les années à venir imaginer de nouvelles ressources et de nouveaux usages de l’eau », a-t-il prévenu, fort de l’expérience de cet été caniculaire. Il cite des réflexions sur le stockage de l’eau, sur la réactivation de captages pour de l’eau destinée au bétail.
De son côté, le Grand Belfort va lancer un nouveau forage dans le secteur de Méziré – Morvillars. Aujourd’hui, l’agglomération de Belfort est alimentée par la zone de captage de Sermamagny et par la station de Mathay, dans le Doubs.
L’alimentation en eau est d’ailleurs un des sujets qui devrait être porté par le Pole métropolitain du Nord Franche-Comté. C’est du moins ce qui a été évoqué lors de son premier séminaire, ce vendredi 23 octobre. Sans doute faut-il y voir une prise de conscience des élus sur le changement climatique et ses conséquences.
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