Du 5 au 18 octobre, l’Agence régionale de santé (ARS) Bourgogne-Franche-Comté a organisé des Semaines d’information sur la santé mentale. Cela a notamment été l’occasion de réunir 300 acteurs concernés du territoire pour une journée consacrée à la stratégie et aux priorités régionales afin de lutter contre cette problématique (lire notre article).
Des objectifs ont été fixés au niveau régional, ils ont été présentés par Mathilde Marmier, directrice générale de l’ARS. « Déstigmatiser, prévenir et repérer plus tôt, orienter et intervenir plus rapidement, graduer l’offre des soins, du premier recours aux soins spécialisés… »
4 900 hospitalisations
Les problèmes de santé mentale sont d’autant plus inquiétants en Bourgogne-Franche-Comté. Dans la région, 125 000 personnes sont identifiées comme vivant avec une maladie psychiatrique En 2024, près de 4 900 hospitalisations ont fait suite à un geste auto-infligé. Presque la moitié concernait des jeunes entre 11 et 24 ans (2 200). Les problématiques de santé mentale sont de plus en plus présentes au sein de cette tranche d’âge. En cinq ans, les hospitalisations ont doublé.
En parallèle, les prises en charge en Bourgogne-Franche-Comté restent complexes par manque de professionnels. La région affiche une densité de 6,7 psychiatres pour 100 000 habitants. Un nombre bien moins élevé qu’à l’échelle nationale : 9,6. Il existe également des disparités entre les milieux ruraux et urbains.
Des projets territoriaux
« Les huit départements sont couverts par des Projets Territoriaux de Santé mentale (PTSM), qui constituent un cadre de référence de coordination entre acteurs sanitaires, médico-sociaux, associatifs, etc. », explique l’ARS. Un projet territorial de santé mentale avait été mis en place dans le nord Franche-Comté, entre 2019 et 2023. Il avait pour objectif de prévenir les troubles psychiques, accompagner les malades et sensibiliser les acteurs.
Dans la même optique, en juin dernier, le Doubs a signé un nouveau projet territorial de santé mentale. Ce projet couvrira l’année 2026-20230 avec 17 actions prioritaires. Il regroupe la mise en place de créneaux dédiés aux soins non programmés ; l’expérimentation d’une unité zéro contention pour soutenir les équipes hospitalières dans la réduction du recours à la contention et à l’isolement ; le développement des alternatives à l’hospitalisation comme les habitats partagés, les pensions de famille ou encore des appartements de coordination thérapeutique ; la création d’une équipe de soins intensifs à domicile.
