Arabelle Solutions à Belfort le matin, M-Plus à Lachapelle-sous-Rougemont en début d’après-midi, puis l’Ecole supérieure des techniques et des affaires (Esta) à Belfort ensuite : le programme d’Eric Trappier, président national de l’UIMM (Union des industries métallurgiques et minières) et directeur général de Dassault Aviation ce mercredi 23 septembre dans le Territoire de Belfort était naturellement tournée vers l’industrie : un grand donneur d’ordres, une PME sous-traitante, une école qui forme des ingénieurs d’affaires.
Le mot d’ordre de son intervention devant la presse était de « se faire le défenseur de l’industrie dans les territoires ». Et de toute l’industrie : les grandes entreprises ont besoin des PME et les PME ont besoin des grandes entreprises, a-t-il insisté. « Il faut garder les grands industriels, qui tiennent la supply chain » (autrement dit les sous-traitants et les fournisseurs).
« La capacité à faire de l’industrie existe »
Et en affirmant que « l’industrie contribue à la souveraineté du pays », il en appelle à « la mobilisation du pays » pour engager une réindustrialisation. Avec une note d’optimisme : « La capacité à faire de l’industrie existe : on a les compétences ».
Et pourtant, même dans le domaine des compétences, des freins demeurent dans le nord Franche-Comté. Par exemple la proximité de la Suisse, avec des niveaux de salaire supérieurs, et des difficultés pour les entreprises à recruter malgré un taux de chômage au-dessus de la moyenne régionale. « On a du mal à faire venir les jeunes dans les centres de formation. Il faut donner envie aux jeunes de venir dans l’industrie et montrer aux familles que les conditions de sécurité dans l’industrie sont remplies et que l’industrie a tout fait pour traiter les questions d’usure professionnelle. »
Et pour lui, l’industrie, ce sont des savoir-faire, facteurs de fierté pour les salariés. « Un chaudronnier, ici comme chez Dassault, il a un savoir-faire dont il est fier : il connaît les gestes pour transformer la matière », s’enthousiasme-t-il. Et la fierté entraine la fidélité à l’entreprise, estime-t-il. Pour autant, le président de l’UIMM en appelle à une réduction de l’écart entre le salaire brut et le net, tout en soulignant que les entreprises mettent en place des dispositifs de partage de la valeur (participation ou intéressement).
Besoin de stabilité
Il met aussi en avant la capacité d’adaptation et la créativité des entreprises, que ce soit pour imaginer des procédés de fabrication, des outils, pour s’adapter aux marchés en passant d’une filière à une autre (par exemple de la turbine à l’aéronautique).
A la vieille des débats parlementaires sur le budget 2027, et des échéances électorales du printemps prochain, il en appelle à la stabilité sociale et fiscale : « Tous les entrepreneurs demandent de la stabilité », affirme-t-il. Il pointe aussi la multiplicité des normes, françaises et européennes, même s’il ne les juge « pas inutiles » : « Elles changent en permanence et on n’a pas le temps de s’adapter. Cela devient un handicap concurrentiel ».
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