Damien Meslot ne s’en cache pas : le prix de l’eau va augmenter en 2027 pour financer le coût des travaux qu’il va engager pour rénover les équipements d’alimentation en eau du Grand Belfort. Des travaux indispensables pour « sécuriser l‘alimentation en eau » des habitants, insiste-t-il, mais aussi pour limiter l’achat d’eau venue de Mathay afin de compléter celle de la zone de captage de Sermamagny. « On essayera que cela soit de la façon la plus raisonnable possible », rassure-t-il quant à la hausse à venir du tarif de l’eau.
Le premier des investissements qu’il a présenté ce jeudi 17 septembre 2026 en conférence de presse est en fait déjà connu : il s’agit des travaux de rénovation de la station de production d’eau potable, évoqué lors de la réunion des élus du Grand Belfort en juin. Cette station sert au traitement de l’eau acheminée depuis la zone de captage de Sermamagny. Elle fournit 75 % de l’eau potable du Grand Belfort ; le reste provient de Mathay et de façon résiduelle lorsqu’Evette-Salbert aura été raccordé au Grand Belfort (les travaux annoncés fin août sont en cours) du syndicat des eaux de Champagney.
Démarrage durant l'été 2027
Le coût des travaux pour cette station de production d’eau potable, située dans le quartier du Mont, à Belfort, est évalué à 6,5 millions d’euros hors taxes : démolition et reconstruction des ouvrages dégradés, modernisation du système de traitement, étanchéité des cuves et de la zone de minéralisation, remplacement de canalisations et vannes, mises aux normes. Le chantier devrait commencer durant l’été 2027 pour s’achever en septembre 2028.
Deuxième projet d’investissement : la rénovation des deux conduites d’eau, de 4 kilomètres chacunes, qui acheminent l’eau de la zone de captage de Sermamagny à la station d’eau potable du Mont. Comme cette dernière, elles ont une soixantaine d’années et présentent des risques de casse. « Il est temps de les changer », affirme Damien Meslot. Les travaux sont prévus de 2027 à 2023 et sont évalués à 3 millions d’euros.
Un investissement « stratégique »
Troisième investissement : la rénovation du « réservoir haut service », situé en haut de la colline du Mont. Il stocke l’eau venue de Sermamagny avant son envoi à la station d’eau potable. Sa rénovation, d’un coût de 2 millions d’euros hors taxes, est prévue de démarrer dès ce mois de novembre 2026 pour s’achever en 2029.
Coût total de ces trois grosses rénovations : 11,5 millions d’euros hors taxes. Elles seront au menu de la réunion du Grand Belfort, le 15 octobre. Damien Meslot évoque aussi le lancement de nouveau forages dans le secteur de Méziré Morvillars, à environ 300 mètres de profondeur, pour rechercher de nouvelles possibilités de captage. Le coût de ces forages est évalué à 500 000 euros hors taxes.
« C’est le plus gros investissement dans l’eau depuis soixante ans », souligne Damien Meslot, qui parle également d’investissement « stratégique » pour les habitants du Grand Belfort. S’agissant d’investissements sur le long terme, il envisage des emprunts sur 35 ans.
Comme lors de la réunion du Grand Belfort, il craint que l’Agence de l’eau n’apporte pas d’aide pour ces travaux. Il se peut toutefois, selon nos informations, que l’Agence de l’eau puisse apporter des financements dans le cadre d’un contrat global qui recouvre les objectifs de son programme d’intervention (lire l’encadré). « On passera par ce qu’ils veulent s’ils nous donnent des sous », lance Damien Meslot, qui explique être encore à la recherche de subventions.
Le niveau de la hausse des tarifs de l’eau en dépendra.
Ce que finance l’agence de l’eau
Le programme d’intervention 2025 2030 de l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, disponible sur le site de l’agence, fixe les critères auxquels elle se réfère pour apporter des financements.
Ce document indique que sont enveloppe est de 520 millions d’euros d’aides annuelle, soit 3,1 milliards sur six ans, en hausse de 25 % par rapport au précédent programme.
Le document indique que l’agence de l’eau accompagne la réduction des prélèvements en visant une baisse de 10 % d’ici 2030. Elle s’attache également à la lutte contre la pollution et à la préservation des milieux aquatiques. Le document évoque également une gestion durable des la ressource et de l’alimentation en eau potable. Ainsi, l’agence de l’eau entend-elle « favoriser une gestion globale de l’alimentation en eau potable » via des « contrats eau et climat, démarches territoriales globales d’alimentation en eau potable, portées par les EPCI à fiscalité propre et autres groupements intercommunaux compétents (restauration de la qualité de l’eau brute, préservation des ressources stratégiques, réduction des fuites et politique de sobriété de l’usage ».
Ces contrats « Eaux et climat » sont mis en place « à l’échelle d’un bassin versant », et son « destinés à accompagner une stratégie de territoire pluriannuelle sur les enjeux de l’eau, des milieux aquatiques et de l’adaptation au changement climatique ».
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