Aux abords des Jardins du Montvaudois, la pluie a transformé la terre en boue. « Ça fait du bien, ça ne récupère pas toute la saison », déplore Marie-Agnès Rondot, la directrice du site. Comme Le potager des jeunes pousses à Grosmagny et La ferme du ruisseau à Audincourt, cette exploitation maraîchère a elle aussi subi les conséquences des vagues de chaleurs à répétition.
Sur la quarantaine de variétés de fruits et légumes cultivés par Les Jardins du Montvaudois, une grande partie a subi de fortes chaleurs. « Ça fait un moment qu’on n’arrive plus à avoir de salade », regrette la directrice. Avec les dernières pluies, quelques salades ont pu pousser, mais, nouvel obstacle : « Nous avons des chevreuils qui viennent les manger. » Pour les tomates et les haricots, la récolte a été maigre cette année. Marie-Agnès Rondot sort une photo prise avec son téléphone, une tomate est brûlée par le soleil.
Pas assez de pluie
« Nous sommes sur le réseau d’eau mais nous avons des contraintes d’arrosage », explique Marie-Agnès Rondot. Durant l’été, la Haute-Saône a été placée en crise sécheresse. Mes mesures pour préserver les ressources en eau ont été mises en place. Pourtant, cet été, « Les besoins en eau ont été très au-dessus des besoins classiques. » Les Jardins du Montvaudois ont également des réserves d’eau de pluie. Mais impossible de compter sur ces dernières : à cause du manque de pluviométrie, le niveau est à sec. « Même l’arrosage qu’on fait, il ne sert pas grand-chose parce que ça s’évapore tout de suite. Le sol est vraiment trop chaud. »
À cela s’ajoute une augmentation de certaines maladies dans les champs. Exemple avec les acariens, les pucerons ou encore les altises sur les choux. Cet élément a également des conséquences sur la qualité et le rendement des cultures.
Modifier les horaires de travail
Depuis déjà quelques années, Les jardins du Montvaudois adaptent les horaires pour ses salariées. Durant l’été, les 23 personnes en contrat de réinsertion et les quatre salariés, ont des horaires plus matinaux. « Les horaires classiques, c’est 8h-12h et 13h-16h. Mais là on fait 6h-10h et 10h30-13h30 », précise la directrice.
Pour l’année prochaine, la directrice réfléchit déjà à investir dans des voiles d’ombrage. Mais aussi à blanchir les serres afin de faire tomber la température à l’intérieur. « Ça s’enlève tout seul, donc ça dure trois mois. Parce que pour l’hiver, il ne faut pas que ça soit blanchi parce que justement ça limite les UV. »
Des conséquences sur les paniers de légumes
Les jardins du Montvaudois vendent leurs légumes par un système d’abonnement. Les clients viennent récupérer un panier avec les légumes récoltés. « Avec notre structure, on fait à peu près 250 paniers par semaine », indique la directrice. L’exploitation vend également au marché d’Héricourt. Avec cette saison compliquée, il faut trouver un équilibre entre des prix raisonnables et des ventes bénéfiques pour l’exploitation.
Mais bonne nouvelle, les courges sont récoltées en abondance cette année. Et avec presque un mois d’avance. « Ce qui va être compliqué, c’est de les stocker. » Normalement, les récoltes s’étalent davantage sur le mois.

