Fabien Dorier
La Ligue 1 qu’a quittée le FC Sochaux-Montbéliard (FCSM) en 2014, de même que la Ligue 2 abandonnée il y a de cela trois ans, ont bien changé ! Parce que le football a évolué. Parce que chacune des deux premières divisions professionnelles a été réduite à 18 équipes, concentrant les clubs aux identités fortes. Et parce que l’émergence de clubs soutenus par des fonds d’investissement a modifié la hiérarchie nationale.
Autant de nouvelles réalités qui donnent aujourd’hui à la L2 de faux airs d’élite. Il suffit de consulter les noms de ses pensionnaires pour 2026-2027 : Reims, Montpellier, Nantes, Nice ou Saint-Étienne… sans compter des « voisins » comme Metz, Nancy et Dijon.
En Ligue 2, un match sur deux au goût d'élite
Dit autrement, le FC Sochaux-Montbéliard aura fort à faire la saison prochaine (lire notre article) dans un championnat relevé. Mais dit encore autrement, les affiches d’une moitié des rencontres auront un goût de prestige et trancheront (sans leur faire injure) avec certains clubs de National, leurs infrastructures baroques et leur organisation issue du monde amateur.
Ce long constat alimente une autre réflexion : le FCSM va disputer une saison excitante, d’autant plus que ce sera la première depuis une douzaine d’années où la pression d’un accessit ne devrait pas peser sur les épaules de ses joueurs. Sans vouloir se substituer aux dirigeants sochaliens, il y a de grandes chances que l’objectif affiché soit de ne pas se faire peur pour le maintien et de viser un peu plus haut, si les conditions le permettent.
Irraisonnable de viser la Ligue 1 à court terme
Évidemment, certains des supporters sochaliens parleront très vite de retrouver l’élite, mais il serait totalement irraisonnable d’imaginer que la place des Jaune et Bleu se trouve à court terme parmi les 18 meilleurs clubs français. Non pas que son identité ou son histoire ne rendent pas cela légitime, mais il faut bien admettre que le FCSM n’a aujourd’hui ni la puissance financière ni les structures pour y parvenir… même si tout est possible dans le sport.
Mais pour avoir tâté de propriétaires aussi lointains qu’inconsidérablement ambitieux, rien n’incite à espérer qu’un investisseur pointe le bout de son nez et son carnet de chèques sans limite dans les prochains mois, avec l’objectif affiché de jouer en Ligue 1 à court terme. La recapitalisation menée par les actuels actionnaires ces derniers mois ne plaide de toute manière pas pour ce scénario (lire notre article).
Le maintien, et plus si affinités
C’est une belle saison en Ligue 2, face à des adversaires aux noms ronflants et sans pression excessive qui attend le club phare de Franche-Comté. Bien sûr, il faudra ne pas trop fréquenter le bas de classement et éviter la nécessité de s’accrocher à chaque point comme à une bouée de secours. Mais la dynamique enclenchée en National, l’état d’esprit et les renforts promis laissent raisonnablement imaginer que ce sera dans les cordes sochaliennes de ne pas bagarrer pour un maintien de manière échevelée.
Quand on leur soumet la réflexion, beaucoup au club ou dans son environnement acceptent l’idée que, depuis que l’élite a été quittée en 2014, le plaisir simple de vivre match après match, sans dramatiser une défaite, et sans s’enflammer après une victoire, a été oublié.
De quoi revendiquer le droit à une saison-plaisir en 2026-2027, avec comme seul objectif de voir le club se stabiliser en Ligue 2 et viser plus si affinités ? Le président Calvez, il y a quelques mois, ne disait pas autre chose en affirmant que la place du club était entre le 15e rang de L1 et le 5e de L2. Et que si une bonne surprise devait arriver, elle prendrait la forme d’un cadeau plus que la conséquence d’un objectif forcené. La volonté de faire mieux que le championnat de deuxième division reviendra à l’ordre du jour, et ce sera très bien… en temps voulu.
Mais en attendant, si on prenait du plaisir en Ligue 2 ?
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