À l’été 2023, le FC Sochaux-Montbéliard quittait pour la première fois de son histoire les deux premières divisions françaises. Une situation inédite qui faisait écho à une urgence particulièrement dramatique, le club étant sur le point de disparaître du monde professionnel. Un moindre mal, donc, mais une « anomalie » enfin corrigée, avec cette montée obtenue lors du dernier match (lire notre article).
1947 : l'erreur réparée au terme d'un marathon
Club majeur et dominant du football français des années 1930, le FC Sochaux manque de moyens au sortir de la guerre : le football n’est logiquement plus une priorité pour Peugeot. Le club, qui s’est appuyé sur quelques anciens et de jeunes pousses locales, descend en Deuxième division en 1946. Plutôt que d’accepter d’être repêché administrativement « pour service rendu au football », comme on lui propose, le club rebâtit une équipe compétitive et domine son sujet en étant sacré champion de France de D2 au terme d’un marathon : 42 matches de championnat de D2, seulement 4 défaites et 141 buts inscrits !
Sa saison réussie ouvre les portes de l’élite à une équipe sochalienne qui, même si elle ne retrouvera jamais le clinquant de ses résultats d’avant-guerre, s’y installe durablement. Elle se classe ainsi 9e pour son retour (malgré une entame ratée) en 1947-1948, avec un quart de finale de Coupe de France en bonus. Puis accroche des 5e et 6e places, et ne sera jamais classé en deçà de la 12e place pendant douze années.
1961 et 1964 : un nouveau souffle à trouver
De 1960 à 1964, le FC Sochaux-Montbéliard est pour la première fois de son histoire amené à ce que l’on nomme « faire l’ascenseur ». Relégué au printemps 1960 au terme d’une saison cauchemar, le FCSM est placé sous la coupe de Louis Dupal et ne maîtrise pas totalement son sujet. Il accroche toutefois in extremis une troisième place synonyme de remontée immédiate. Mais, malgré (ou à cause ?) un remaniement de son effectif, c’est pour rechuter dans la foulée en terminant bon dernier de D1 en 1961-1962.
Il faut dès lors deux saisons au club sochalien pour rebondir. Il s’appuie sur de jeunes joueurs comme Bernard Bosquier ou Claude Quittet et quelques joueurs d’expérience, placés sous les ordres de Roger Hug, et pratique un jeu de qualité. La première saison, débutée difficilement, se conclut d’une 3e place non qualificative frustrante, à peine gommée par un succès en Coupe Charles-Drago (une « petite Coupe de France » réservée aux clubs professionnels).
L’exercice suivant est le bon, permettant aux Sochaliens de retrouver l’élite (tout en conservant la Coupe Drago). Pour leurs retrouvailles avec la Division 1 en 1964-1965, ils se classent à la 10e place après avoir été 3e à mi-saison. Le début d’une période de grande stabilité, les Sochaliens fréquentant la Première division en continu jusqu’en 1987.
1988 : l'époustouflant rebond
Alors qu’il voit ses talents rallier des cieux plus ambitieux ou plus rémunérateurs, le FC Sochaux-Montbéliard doit lancer de jeunes éléments toujours plus vite en les encadrant de joueurs d’expérience. En 1986-1987, la mayonnaise ne prend pas. L’équipe parvient toutefois à accrocher une place de barragiste, mais tombe face à l’AS Cannes. Cette descente après 23 année consécutive dans l’élite (c’est alors un record) aurait pu être une punition. Elle s’avère un extraordinaire moyen de rebondir.
Paille, Sauzée, Rousset, Sylvestre et compagnie, de jeunes sochaliens encadrés de deux Yougoslaves (Faruk Hadzibegic et Mehmed Bazdarevic) écrasent la concurrence avec 29 victoires en 34 matches de D2, et atteignent une finale de Coupe de France. Le retour express dans l’élite est abordé sans le moindre complexe. L’équipe, dirigée par Silvester Takac, joue les premiers rôles en D1, dont elle prend une 4e place qui lui ouvre les portes de l’Europe. La saison suivante sera du même acabit en termes de classement. Puis le pillage de ses talents produira les mêmes effets et le FC Sochaux-Montbéliard devra se contenter de se bagarrer pour son maintien durant cinq saisons…
1998 : un raté presque prévisible
Après trois ans de purgatoire et deux saisons inabouties, l’équipe dirigée par Faruk Hadzibegic parvient à arracher in extremis son billet dans l’élite. Il a fallu pour cela un comeback en fin de saison et que son gardien, Frédéric Petereyns, stoppe un penalty à Martigues lors de l’ultime journée. Une manière laborieuse qui augure de ce qui attend les Sochaliens dans l’élite.
Dans un stade Bonal en pleine reconstruction, et malgré quelques recrues, l’ensemble manque trop de liant pour obtenir des résultats fatals à « Hadzi », qui cède sa place à son adjoint Philippe Anziani. Ce dernier s’appuie sur une flopée de jeunes (Frau, Diouf, Ljuboja, Meriem), mais ce n’est pas suffisant pour faire mieux qu’une 17e place synonyme de retour au purgatoire… où le FCSM restera cette fois deux années.
2001 : une pleine réussite
De retour en D2 en 1999, le FCSM manque pour un petit point d’obtenir son ticket pour le trajet inverse en fin de saison. Mais le président Jean-Claude Plessis, arrivé en cours de saison, estime cela comme une chance de mieux préparer l’avenir. Et effectivement, le FCSM placé sous la direction de Jean Fernandez, maîtrise pleinement son sujet en 2000-2001 avec un assemblage solide composé de jeunes formés au club et d’éléments talentueux ; Francileudo Santos inscrira 24 buts !
Sans jamais douter d’elle, l’équipe sochalienne est championne de D2 et retrouve l’élite sans appréhension. Après avoir conservé presque la même composition de son effectif, elle réussit son entame en D1. Malgré un petit coup de mou durant l’hiver, elle termine à une très belle 8e place synonyme de qualification en Coupe Intertoto. La suite est connue : deux 5e place de suite, des trophées (Coupe de la Ligue en 2004, Coupe de France en 2007) et de belles campagnes européennes.