Treillis sur le dos. Casque de boxe sur la tête. Et gants aux poignets. Le lieutenant Arnaud s’extirpe d’une séance de C4, le combat corps à corps, nouvelle méthode de combat rapproché enseigné par l’armée, au cœur du 35e régiment d’infanterie. En toile de fond de cet exercice, la citadelle de Belfort. Le poids de l’histoire. Et le symbole qu’elle charrie : la résistance. Le réserviste passe ses galons pour devenir moniteur de cette technique de combat. S’il les obtient, il pourra enseigner le C4 autant à des réservistes qu’ à des militaires d’active.
Le lieutenant Arnaud est réserviste chez les Gaillards, le surnom des militaires du 35e régiment d’infanterie, depuis mai 2025. Mais ce jeune homme de 25 ans est réserviste depuis juillet 2018. Ce Breton d’origine l’est devenu dès qu’il fut majeur. Aujourd’hui, le lieutenant Arnaud dirige la première section de la 5e compagnie du régiment, compagnie accueillant des réservistes opérationnels. Mais il a commencé comme 1re classe. Et ces perspectives d’évolution au sein de la réserve l’ont, tout de suite, séduit.
Son quotidien, l’uniforme !
Devenir réserviste allait presque de soi pour ce fils de militaire. « Il y a un lien familial », en sourit-il. Ses week-ends et ses congés sont largement consacrés à cette passion de la chose militaire. « Je le vis comme une passion, comme quelqu’un qui fait de l’aéronautique », compare-t-il simplement.
Il aurait pu en faire son métier, mais il a choisi une autre voie… Pas si éloignée, si l’on regarde le sens de l’engagement. Ce diplômé de Sciences Po Grenoble et de la Sorbonne a passé le concours des officiers de sapeurs-pompiers. Il a aujourd’hui le grade de capitaine et a rejoint l’état-major du service départemental d’incendie et de secours du Territoire de Belfort (Sdis 90), en janvier 2025. Sachant qu’il avait aussi été sapeur-pompier volontaire à Rennes, auparavant. Son quotidien, c’est l’uniforme !
Le quotidien de pompier est sûrement plus varié. Et rythmé par des interventions qui s’enchainent. À l’inverse, son expérience de réserviste lui permet d’acquérir des choses qu’il n’a pas dans son quotidien. « On fait des choses qui sortent de l’ordinaire, comme la piste d’audace », apprécie aussi l’officier. La pratique du C4 en est un exemple. Il apprécie, aussi, la possibilité de pouvoir partir en Opex, tout en étant réserviste, et de pouvoir participer à des stages pour acquérir de nouvelles compétences.
Il invite à dépasser « les a priori » pour s’engager. « On recherche des profils variés », remarque encore le lieutenant Arnaud, pour évoquer les différentes portes d’entrée d’engagement dans la réserve (lire notre article). Il pense aux système d’information et de communication, à la maintenance ou encore à la logistique. Les opportunités sont nombreuses à qui s’investit insiste le lieutenant Arnaud. Qui a construit une vie d’engagements. Sans réserve !
