Au classement européen des marques automobiles, Peugeot, l’une des quatorze marques de Stellantis, apparait en cinquième position, avec 5,8 % de parts de marché pour les deux premiers mois de 2026, a indiqué Alain Favey ce lundi 23 mars à Belchamp, lors d’une rencontre avec la presse. Volkswagen est en tête avec 10,2 %, devant Toyota avec 6,7 % et Renault avec 6,4 %. « Notre objectif est d’atteindre 7 % de marché en 2030, a fixé Alain Favey. Autrement dit, être sur le podium. »
Pour atteindre cet objectif, Alain Favey mise sur ce qu’il appelle une « potion magique », dont les ingrédients sont le design, l’innovation et l’ADN sportif (avec la 205 GTI en point de référence). Côté sport, le dirigeant de la marque évoque notamment le futur lancement de la e-208 GTI, mais aussi le centenaire de la présence de la marque aux 24-Heures du Mans ; le directeur général l’avait déjà évoqué lors de la présentation du nouveau maillot du FC Sochaux-Montbéliard et du retour de la marque comme partenaire du club (lire notre article).
Côté design, Alain Favey se félicite des réussites des voitures de segment B : de la 205 à la 208, ce sont 22 millions d’exemplaires vendus depuis 1983. La 208 reste dans le top 3 des voitures du segment en Europe, alors que la version actuelle a été lancée en 2019.
La future 208 sera 100 % électrique
La nouvelle version est programmée au second semestre 2027. Elle sera produite à Saragosse, en Espagne, a précisé Alain Favey. Tout électrique, elle bénéficiera de la nouvelle plateforme STLA-S. « Une plateforme née pour l’électrique, avec optimisation de la batterie et de l’efficience de la voiture », décrit Alain Favey.
Dans l’habitacle, la grande nouveauté sera le volant électrique rectangulaire. Une première dans ce segment, annonce Peugeot. Sa forme associée au « e-cockpit » déjà présent sur la gamme Peugeot permet une vision complète sur l’instrumentation et « une position de conduite particulière ». Son maniement s’avère plutôt agréable (lire l’encadré ci-dessous).
Lien de confiance
L’objectif du 100 % électrique en 2030 ayant été assoupli par l’Europe, Peugeot gardera au catalogue la 208 thermique actuelle. « On continuera à proposer le choix à nos clients dans tous les segments », a promis Alain Favey. En l’occurrence en prolongeant la vie d’un ancien modèle, la nouvelle 208 étant, a-t-il insisté, conçue pour être 100 % électrique.
Côté design, Alain Favey renvoie au concept-car Polygon, dont la future 208 reprendra la signature lumineuse avant et arrière, faite de grande barres lumineuses horizontales.
Peugeot mise également sur la restauration du lien de confiance avec sa clientèle, lien émoussé par les problèmes récurrents de fiabilité du moteur Pure Tech. Le nouveau moteur Turbo 100 (lire notre article) est là pour le faire oublier, avec sa transmission à chaine et non plus à courroie.
Alain Favey a aussi détaillé le nouveau périmètre de la direction de la qualité chez Stellantis. Elle englobe désormais la qualité des ventes et de l’après-vente, le support client, le suivi de la garantie, les campagnes de rappel et de modernisation, la disponibilité des pièces, la e-reputation, le fonctionnement des services connectés, le support technique pour le réseau. Un spectre très large, donc, sachant que Alain Favey associe fiabilité et durabilité au positionnement de Peugeot en tant que « marque généraliste ».
Volant électrique : première impression positive
Peugeot a proposé un essai de son nouveau volant électrique, installé sur une 2008 électrique, baptisé « Hypersquare », de forme rectangulaire, il actionne deux moteurs électriques, un sur chacune des roues avant. L’essai était organisé sur un parcours fait de virages très serrés, une grande ligne droite, un courbe, une chicane et un créneau dans une place de parking sans beaucoup de marge.
Une fois assis sur le siège conducteur, où placer les mains ? L’ingénieure maison conseille le classique « 9 h 15 » et de s’efforcer de tenir le volant continuellement pour bien se rendre compte de la maniabilité. Pour sortir de la place de stationnement, le premier réflexe est de tourner le volant à fond. Avec un volant classique, on ferait un ou deux tours complets. Là, quelques degrés sur la droite et cela suffit. De toute façon, le volant électrique ne pivote que de 90 degrés maxi. Fini, les tours de volants et les mains qui se croisent comme on l’a appris à l’auto-école ! En virage, la direction est hyper précise, dans la chicane, on éprouve la transmission très directe sans toutefois donner de coups de volants intempestifs. Pour le créneau, quelques degrés de rotation suffisent à nouveau pour faire la manœuvre, sans effort dans les bras et sans croisements de mains sur le volant. Ceux qui souffrent de douleurs dans les épaules apprécient particulièrement, témoigne l’ingénieure Peugeot.
Mais pour bien faire sentir la différence, Peugeot a judicieusement prévu d’effectuer le même circuit avec une 2008 identique, mais avec une direction assistée et un volant classique. Si les sensations sont assez semblables en virage, voire dans la chicane, le vrai plus du volant électrique réside dans les virages serrés et les manœuvres de stationnement qui demandent beaucoup moins d’efforts. Reste à savoir si les clients de Peugeot ne seront pas trop décontenancés par le changement.
