« Danger centrale hydroélectrique », annonce un panneau à l’entrée du chantier. La rénovation de la centrale hydraulique de Colombier-Fontaine a passé une nouvelle étape. Et pas des moindres. Ce mardi 10 mars, accrochées à une grue, les deux turbines sont transportées du camion de livraison à leur socle définitif. Le grutier, assis dans sa cabine, déplace à plusieurs mètres du sol les turbines. Pesant chacune onze tonnes, mesurant 3,50 m d’envergure et valant un million d’euros les deux, rien n’est laissé au hasard. « Le risque aujourd’hui, c’était si le vent atteignait les 50 km/h », explique François Romatier, chef de projet chez Dream Energy. La grue a été installée dans la matinée pour la mise en place des turbines produites par la société allemande Watec Hydro.
La centrale approvisionnera l’équivalent de 600 à 700 foyers
Une fois les travaux finis et les turbines mises en route, la production annuelle du site pourra alimenter l’équivalant de 600 à 700 ménages. « L’énergie produite ici va être revendue à EDF », précise François Romatier. Une production d’énergie qui varie en fonction du débit du Doubs. « Avoir une crue, ce n’est pas forcément avoir une meilleure production », apprend le chef de projet. L’objectif des turbines est de maximiser la production en fonction du débit, notamment lorsque celui-ci est faible. Alors, les pics de débit ne signifient pas pic de production.
En temps normal, le débit moyen du Doubs sur cette section est de 40 m3 par seconde. « Il y a un mois, lors de la crue, le débit était 12 fois supérieur, soit 500 m3 par seconde », se souvient François Romatier. La nouvelle centrale n’a pas de moyen d’influence sur le Doubs. Par manque de retenue d’eau, impossible d’accélérer ou ralentir le cours d’eau. « On a, ce qu’on appelle, un clapet pour pouvoir augmenter le débit si besoin et protéger la centrale », rectifie le chef de projet.
Mise en service prévue pour septembre
« On est venu construire notre centrale dans l’ancienne centrale », explique François Romatier. Le site était anciennement une filature installée le long du Doubs. Cette dernière possédait déjà une turbine hydraulique pour garantir son approvisionnement en énergie. Au-dessus de ces turbines, un bâtiment sera construit pour accueillir des équipements électriques tels que l’alternateur. « Il permet de convertir l’énergie des turbines en électricité », explique François Romatier. Même si toute la gestion de la centrale sera automatisée, un gardien sera présent sur site.
En 2015, le producteur et fournisseur d’électricité rachète le bâtiment. Mais, en 2017, la centrale est victime d’un incendie et doit être rénovée. « Le budget de travaux est un peu supérieur à trois millions d’euros », expose François Romatier. Le chantier ayant commencé en août 2025, il devrait prendre fin en septembre. Le dernier volet sera l’installation d’un passage pour les poissons et pour les canoës.
Dream Energy n’en est pas à son premier coup d’essai. Le groupe possède 17 centrales hydroélectriques en France. « Cette année, on a deux projets en rénovation. Celui-ci et un autre dans le Cantal », termine le chef de projet. En 2023, la puissance annuelle de Dream Energy avoisinait les 15 MW.