Le Parti communiste français du Territoire de Belfort organise la 9e édition de sa fête du livre. Dans quel cadre s’inscrit cette manifestation ?
C’est d’abord un moment où nous proposons des livres et des livres d’occasion, à des prix très bas. Nous pensons que c’est important de lire. Entre camarades, nous nous conseillons souvent des références de lecture. Nous avons besoin d’apprendre pour comprendre le monde dans lequel nous vivons, mais aussi pour le plaisir de lire. Chaque année, il y a un thème différent.
Cette année, vous vous intéressez aux médias et à la presse. Pourquoi ?
Nous avons travaillé sur le Conseil national de la Résistance et nous avions vu tout le travail mené sur la presse (les ordonnances de 1944, NDLR) ; avant la guerre, les médias étaient dans un état pas possible. Ces régulations ont été détricotées dans les années 1980 (lire une analyse ici), par les politiques libérales. Ce thème a télescopé le traitement médiatique du procès de Nicolas Sarkozy, qui nous a surpris. Nous avons, par exemple, vu le travail fourni par Fabrice Arfi, de Mediapart, On voyait le métier du journaliste qui revenait tout le temps aux faits. Il y avait beaucoup de pédagogie. Nous nous sommes mis à regarder les médias autrement.
Vous invitez Fakir, l’Humanité, Libertés actu… Comment les fait-on venir à Belfort ?
Le hasard (sourire). Fakir est souvent présent quand nous le sollicitons. Nous ne connaissions pas beaucoup ce milieu. On a sollicité le Société nationale des journalistes, qui nous a guidés. Nous n’avions pas d’intention particulière. Nous cherchions des journalistes qui avaient quelque chose à dire, mais nous n’avions pas d’idées précises. Avec ces échanges, j’ai par exemple découvert Libertés Actu et Esteban Evrard. Il est spécialisé dans l’industrie. Il nous montre que l’on peut avoir une presse exigeante pour les ouvriers. Il dit que c’est possible. Il a une méthode pour découper les articles, pour pouvoir les lire facilement à la pause par exemple.
- Vendredi 27 février à partir de 17h et samedi 28 février, de 10h à 19h : maison de quartier Jacques-Brel, à Belfort, rue de Zaporojie. Un millier de livres mis en vente. Débat, projections, expositions et table-ronde sont au programme.