Vous clôturez le module dédié à la souveraineté industrielle (lire notre article). Le mettre en place a été un challenge, réussi en quelques mois. Que retenez-vous de cette expérience ?
Cette idée de module est née à la suite de nos rencontres avec les entreprises, avec les industriels du territoire ou avec les tuteurs de nos apprentis. Le module a rencontré un vif succès dans la mesure où nous avons été capables de proposer une structure pédagogique cohérente, d’une trentaine d’heures. Nous avons réussi à faire venir des intervenants de grande qualité d’autres établissements scolaires comme Sciences Po, de think tanks parisiens, mais aussi des chercheurs, qui ont écrit sur la souveraineté.
Vingt diplômes vont être remis ce vendredi. L’autre caractère innovant de ce module, c’est d’avoir mixé les publics : des étudiants en M2 côtoyant des enseignants-chercheurs et des salariés d’entreprises qui travaillent au quotidien cette question…
C’est une grande fierté d’avoir pu proposer ce module à différents publics. Cela a favorisé un échange entre des étudiants prêt à entrer dans le monde du travail, des enseignants-chercheurs qui peuvent réfléchir à cette souveraineté industrielle et des chefs d’entreprise ou des cadres supérieurs d’entreprises de la base industrielle et technologique de défense (BITD) ou d’entreprises industrielles plus classiques, en leur posant par exemple des questions sur leur chaîne d’approvisionnement.
Est-ce que vous sentez que c’est quelque chose qui a démarqué l’école…
Cela a suscité de l’intérêt, d’abord au niveau régional, parce que nous avons eu des échanges avec beaucoup d’enseignants-chercheurs de l’université Marie-et-Louis-Pasteur (UMLP), de l’université de technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM), de l’IUT Nord Franche-Comté. Nous avons commencé des discussions pour pouvoir proposer le module à tous les étudiants de l’UMLP, et pas seulement à ceux de l’ESTA. Nous avons aussi eu des intérêts d’autres écoles, dans d’autres régions, nous demandant de décliner ce module.
Vous avez posé les bases cette année…
Exactement.
Est-ce que vous avez déjà des inscriptions pour l’année prochaine ?
Oui. Il y a déjà le bouche-à-oreille. Cette année, nous avions la chance d’avoir un cadre de MBDA ; il a parlé de manière très positive de ce module à ses collaborateurs. Nos étudiants en ont aussi parlé à leurs homologues de 4e année. Il y a un engouement.
Travaille-t-on sur la certification de ce module ?
L’Esta est certifiée Qualiopi. Nous avons donc pu faire financer ce module par l’Opco de son entreprise. Mais j’aimerais bien qu’il soit vraiment certifié pour que chacun puisse y avoir accès dans de bonnes conditions (avec le Compte personnel formation, NDLR).
Peut-on imaginer un diplôme universitaire ?
Tout à fait. Mais c’est une histoire de temps. À l’Esta, nous sommes agiles. Nous pouvons monter un module en trois mois et avoir des intervenants de qualité. Pour autant, dès que vous commencez à travailler avec l’université, il y a de nombreuses étapes à passer et c’est plus long. Nous avons le diplôme universitaire en ligne de mire. Nous ne pourrons pas le proposer au mois de septembre ; si nous avons un diplôme universitaire, ce sera en 2027. Mais je vois plus loin : pourquoi ne pas créer un master spécialisé, qui viendrait compléter un diplôme d’ingénieur ou un diplôme de management, dans le cadre d’une 6e année. Ça serait merveilleux.