17h30 sonne à Sochaux : l’heure pour le stade Bonal d’ouvrir ses portes. Les premiers supporters se pressent pour entrer sur le parvis (lire notre article). C’est le cas du duo père-fils Jean-Pierre et Nicolas. Depuis 50 ans, Jean-Pierre est un fervent supporter du FC Sochaux-Montbéliard. « Yannick Stopyra a été son témoin de mariage. » Preuve en est, Nicolas sort une coupure de journal où apparaissent ses parents, en tenue de mariés, et le joueur. Cet ancien attaquant du FCSM a également participé à la Coupe du Monde 1986. Le fils est aujourd’hui habitant de Dijon, une aubaine pour lui, Le Dijon Football Côte-d’Or monte en Ligue 2. « Ce soir, on va rugir », s’exclame-t-il.
La foule commence à se densifier sur le parvis : une longue file d’attente se forme à l’entrée de la boutique. Les drapeaux distribués gratuitement à l’entrée commencent à apparaître. Régis vient d’arriver. Accompagné de toute sa famille, la ferveur du stade Bonal lui rappelle ses années passées en tant que stadier. De 2000 à 2015, Régis ne se trouvait pas sur le terrain mais le long du terrain. « J’étais entre la cage et les Forges », se souvient-il. Avec nostalgie, lui revient à l’esprit les matchs de derbys, notamment contre Metz et Nancy. « Les supporters nous jetaient leur nourriture, surtout les tomates. »
Pas de victoire, mais une montée en Ligue 2
Alors que le match n’a pas encore commencé, des huées se font entendre contre les joueurs du Puy. 19h30, l’arbitre siffle le coup d’envoi. Les Sochaliens ont deux missions : gagner le match et confirmer leur montée en Ligue 2. La ferveur prend place dans les gradins de la tribune nord. Chaque fois que le ballon se rapproche des cages, des mains se lèvent, des supporters s’élancent, des cris sont poussés.
Le score s’ouvre avec un but d’Ayem Boutoutaou. Peu après, Benjaloud le suit et marque à 25 mètres. Une fin de première mi-temps, qui s’annonce magnifique pour les Jaune et Bleu. Pourtant, les supporters déchantent vite. En seconde mi-temps, les joueurs du Puy reviennent au score et égalisent (2-2).
« Ça fait chaud au cœur »
Mais pas de quoi, défaire totalement les supporters Sochaliens. Malgré une égalité, une victoire se fête, celle de la montée en Ligue 2. À peine, l’arbitre a-t-il sifflé la fin du match que les supporters envahissent le terrain. De part et d’autres du terrain, des flots de supporters courent pour rejoindre la pelouse. Bientôt, les tribunes se vident, le vert du terrain presque invisible. Face à ce spectacle, Patrick, fidèle supporter, avoue : « Ça fait chaud au cœur. » Avec les années qui passent, cette montée en Ligue 2 est un soulagement. « Pour les anciens (supporters, NDLR) c’est bien que l’équipe monte. » Mais Patrick l’admet, pour la saison prochaine, quelques ajustements seront à faire. « Il faut au moins que l’on soit dans les dix premiers. On ne va pas être gourmand. »
Marie-Claire et Didier sont restés dans les tribunes. Ils admirent le spectacle. « Cela fait longtemps que l’on attend cette montée en Ligue 2 », sourit le couple. Supporters depuis 1999, cette montée leur remémore des souvenirs nostalgiques. « On était à la Coupe de France à Paris. On était là aussi pendant la ferveur européenne. »
Un feu d’artifice en cadeau
Même sans victoire, place à la fête. Le club a préparé une surprise pour leurs supporters. Un feu d’artifice surplombe le stade Bonal. Les yeux de tous sont rivés dans le ciel. Une fois terminée, la foule est attendue sur le parvis. Déjà, des artistes sont installés : un concert en partenariat avec le festival des Eurockéennes. Entre danse, cris de joie et pétards, les Sochaliens libèrent leur bonheur.





