Deux mois après cette fabuleuse soirée du 15 mai et la montée en Ligue 2, la saison 2026-2027 est sur le point de reprendre. Quel est votre sentiment quelques heures avant le dernier match amical ?
Deux mois d’intersaison, c’est à la fois court parce que tu as beaucoup de chantiers et de choses à préparer et à la fois long parce que la compétition te manque rapidement. Nous avons hâte de revenir à la compétition.
Vous évoquez la compétition. Quels sont les objectifs de la saison prochaine ?
Les objectifs sont clairement différents de la saison dernière. La saison dernière, nous avions l’ambition d’être dans les cinq premiers et le rêve caché d’avoir une place d’accédant, ce que nous avons réussi à faire. Maintenant, il faut se mettre dans la peau d’un promu. Et quel que soit le championnat, quand tu es promu, l’objectif numéro un est de se maintenir. Que nous soyons 11e, 12e, 13e, 14e ou 15e, peu importe.
Est-ce que cela implique de la patience de la part des supporters ?
Les objectifs de performance vont être différents. Dès lors, notre environnement, les joueurs et les supporters doivent s’adapter à cette nouvelle équation et ces nouveaux objectifs. Il va falloir que notre public soit derrière nous comme la saison dernière. Ils ont contribué à la réussite de la saison et ils nous ont aidés à atteindre nos objectifs. Cette année, nous aurons également besoin d’eux pour arracher ce maintien. Il va falloir que le public soit derrière nous, même quand nous ne gagnerons pas les matchs. Et parfois, il va falloir se satisfaire de matchs nuls à domicile ; c’est un championnat où chaque point compte.
La ferveur populaire était complètement dingue en fin de saison. Elle se prolonge cet été. On approche des 10 000 abonnés. Quel est votre regard ?
C’est incroyable. Depuis trois ans, il y a un véritable engouement autour du club. Les Francs-Comtois se sont de nouveau approprié le FC Sochaux. Nous savions qu’il y aurait une dynamique autour de la montée. Nous espérions 8 000 abonnés, avec les entreprises. Aujourd’hui (samedi 1er août, veille de fermeture des abonnements, NDLR), nous approchons des 9 500. C’est une vraie réussite. Nous aurons besoin de ces gens derrière nous.
Qui dit montée dit aussi augmentation de votre budget et notamment de vos recettes. L’une des équations était d’augmenter de manière substantielle les rentrées de vos partenaires. Ont-ils répondu présent ?
Depuis quelques mois, nous annonçons que nous avons créé un modèle dans lequel nous pouvons être à l’équilibre en Ligue 2, ce qui n’était pas forcément acté il y a trois ans, quand les actionnaires ont racheté le club. C’est donc hyper important d’y rester. Nous n’avons pas fait tous ces efforts pendant trois ans pour toucher du doigt un objectif et redescendre. Il faut vraiment rester dans cette division pour pérenniser le club.
Comment réussit-on à atteindre l’équilibre dans ce championnat ?
Il y a la petite manne des droits télé qui arrive. Nous avons l’augmentation de nos recettes naturelles (l’affluence, les abonnés) et des partenariats ; de nouvelles marques s’intéressent à nous et au support de communication qu’est le FC Sochaux pour défendre leur stratégie de communication.
Cet équilibre est-il envisageable dès la fin saison ?
Nous nous étions donnés deux ans, car les recettes naturelles ne passent pas du simple au double automatiquement. Par contre, les recettes qui peuvent vraiment accélérer, ce sont les ventes de joueurs. En Ligue 2, tes joueurs sont plus exposés et potentiellement vendus plus chers. En sortant de National, on ne pensait pas que nos joueurs auraient une valorisation aussi importante. Nous avons aussi eu quelques bonnes nouvelles d’anciens joueurs du club : Mayenda (transféré de Sunderland à Rennes, NDLR), Lacroix (transféré de Crystal Palace à Chelsea, NDLR) et Galves (transféré de Rodez à West Bromwich Albion, NDLR). Ces recettes vont peut-être nous permettre de nous approcher de l’équilibre dès cette saison (depuis deux saisons, le FC Sochaux connaît un déficit structurel de 3 millions d’euros, NDLR).
Aymen Boutoutaou a été transféré (lire notre article). Son remplaçant est-il le dernier recrutement a effectué ?
Avec Julien (Cordonnier, le directeur sportif, NDLR) et le coach, nous avions ciblé plusieurs à recruter. Un défenseur central est arrivé (Saad Agouzoul, NDLR) et on peut même dire qu’il y en a deux avec Impoye Gomis. Nous souhaitions un milieu relayeur pour remplacer Elson Mendes ; Victor Lobry est arrivé. Nous voulions un ailier et c’est Landry Nomel. Enfin, nous voulions un attaquant pour épauler Kapit Djoko et pouvoir travailler avec lui, c’est Mathis Clairicia. Nous étions censé avoir fini notre mercato. Maintenant, le départ d’Aymen nous impose de le remplacer.
Avez-vous des pistes ?
Des pistes sont bien engagées, mais le mercato est encore long ; il se termine fin août. En plus, tous les championnats ne commencent pas en même temps. La Ligue 1 ne commence que dans 15 jours. Donc, selon les joueurs que tu cibles et le championnat dans lequel il joue, on temporise plus ou moins. Nous cherchons un joueur avec une expérience en Ligue 2, capable de nous apporter quelque chose et qui a envie de défendre les couleurs du club. Ce qui a fait le succès de l’année dernière, c’était d’avoir des joueurs qui avaient envie de nous rejoindre.
L’an dernier, vous avez insisté sur l’importance sur la réussite du stage à Chambon-sur-Lignon. Quel regard portez-vous sur la préparation ?
Nous continuons de travailler les notions de cohésion tout en faisant en sorte que les nouveaux s’adaptent bien et s’acclimatent à leurs nouveaux coéquipiers. Nous avons le sentiment que cela se passe bien. Le stage s’est bien déroulé, même s’il a été un peu perturbé au début par le départ d’Aymen (Boutoutaou, NDLR). Globalement, la préparation s’est bien déroulée.
La préparation a débuté par deux victoires, avant d’enregistrer deux défaites (Metz et Dijon). Pas d’inquiétudes sur ces résultats poussifs ?
Nous avons gagné deux matchs et nous en avons perdu deux (avant le match contre l’AJ Auxerre, NDLR). L’année dernière, nous en avions gagné deux et perdu trois et nous avons fait une très belle saison. Cela reste des matchs de préparation, où l’on teste des choses. Il ne faut pas s’affoler, même si cela montre aussi que cela va être un championnat difficile. Les équipes qui se présentent face à nous sont solides. En plus, on a l’impression d’être dans un championnat à deux vitesses avec quelques grosses écuries dotées de gros moyens, avec des budgets deux à trois fois supérieurs au nôtre (Metz, Saint-Étienne, Nantes, Reims, Montpellier…). Ce sont des équipes avec de grosses masses salariales et des clubs qui font des transferts. Et puis, il y a un deuxième championnat avec des équipes de milieu et bas de tableau avec qui on va se battre.
Fermeture de tribune : le FC Sochaux entendu mardi
Le FC Sochaux-Montbéliard est entendu ce mardi par le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) pour contester la fermeture de l’entièreté de la tribune nord à l’occasion du match d’ouverture de Ligue 2, contre Saint-Étienne (lire notre article). Un match qui s’oriente, qui plus est, vers une très forte affluence. L’amertume est forte dans les locaux du club. « Nous sommes suspendus pour une révocation de sursis, pour des faits qui ne sont, en plus, pas les mêmes », ne décolère pas Clément Calvez. Des faits qui remontent au mois d’avril, qui ne sont notifiés que 10 jours avant la reprise du championnat d’après. L’incompréhension est totale. Surtout, on punit toute une tribune, pour des faits qui ne la concernent pas. Et à l’extérieur ! « C’est un manque de respect inconsidéré pour le club et les supporters », note Clément Calvez. Le club va défendre cette double incohérence.
