Depuis 2020, la ligne de train entre Bas-Evette et Giromagny ne fonctionne plus. Créée en 1883, elle transporte jusqu’en 1939 des voyageurs. En 2019, c’est le transport de marchandises qui prend fin avec la fermeture des Carrières de l’Est. Depuis, la végétation a repris ses droits entre les rails et des travaux ont supprimé deux passages à niveau. Sans que la SNCF ne déclasse cette ligne.
Alors, l’Association des usagers des transports de l’aire urbaine Belfort-Montbéliard (Autau) a une idée : rouvrir cette ligne (lire notre article). Ce trajet permettrait de faire la liaison entre Giromagny et Bas-Evette, avec un arrêt à Lachapelle-sous-Chaux. « L’idéal, si on veut une amplitude entre 5 h et 21 h, serait 16 circulation quotidienne minimum », estime Jean-Jacques Vernier, président de l’Autau, soit un train par heure. À cela s’ajoutent des trains supplémentaires aux heures de pointe. « Si vraiment tout se passe bien, on souhaiterait qu’elle réouvre à l’horizon 2028 », complète Mazouz Benlazeri, trésorier de l’association.
Des coûts difficile à estimer
« Si on enlève la végétation, on peut faire rouler des trains jusqu’à 1 800 tonnes », souligne qui souligne le bon état de la ligne. De plus, l’Autau ne demande pas l’électrification de la ligne. « On peut dans un premier temps opter pour un bi-mode diesel-électrique », explique Jean-Jacques Vernier. L’association estime qu’il faudrait la création d’un dispositif d’aiguillage en gare de Bas-Evette permettant à la future ligne de rejoindre la ligne Paris-Belfort qui passe déjà par la gare.
À cela s’ajoute la modernisation de certaines plateformes. « On a essayé de mettre quelques ordres de grandeur d’argent mais c’est difficile à estimer », indique Jean-Jacques Vernier. D’après leur calcul, la réouverture d’une ligne coûte entre 2 et 6 millions par kilomètre, sachant qu’entre Bas-Evette et Giromagny il y a 7 km.
Rejoindre l’aire urbaine plus facilement
Quels bénéfices ? Déjà, si davantage de personnes prennent le train, cela signifie moins de trajets en voiture. Et donc une diminution de l’empreinte carbone. « La première population concernée est celle qui fait le trajet domicile-travail », met en avant Mazouz Benlazeri. Une question d’autant plus pertinente avec l’augmentation des prix de l’essence. « Ce qui m’a frappé aussi, c’est la demande des étudiants et lycéens. » Cette ligne leur permettrait d’avoir plus facilement accès à l’aire urbaine.
Une ligne bénéfique également pour les personnes n’ayant pas de voiture. Le trajet entre Bas-Evette et Giromagny est possible en bus mais demande une correspondance. « Il faut que vous preniez un des trois bus de la journée, vous allez jusqu’à Sermamagny. Vous descendez pour prendre celui de Valdoie qui remonte jusqu’à Giromagny », décrit le président de l’Autau. Mauricette, habitante d’Auxelles-Bas en témoigne, alors qu’elle est adepte des transports en commun, elle ne les prend pas pour aller à Belfort. « C’est plus simple de prendre la voiture. »
Troisième élément avancé par l’association : la contribution à l’attractivité touristique. « Quand un train passe, la vie reprend », souligne Mazouz Benlazeri. « C’est le cas pour le Malsaucy mais aussi pour le périmètre du Ballon d’Alsace. » Des hubs multimodaux pourraient voir le jour à Bas-Evette, Lachapelle-sous-Chaux et Giromagny. Avec un double enjeu : faciliter l’usage successif de différents modes de transport, mais aussi permettre des départs de randonnée et pistes cyclables.
Pour interpeller les élus et les usagers autour de leur projet, l’association organise en mars une opération de débroussaillage d’une partie de la ligne.
