La station de lavage Self Autonet à Belfort reste désespérément vide. Devant les machines, des plots interdisent l’accès aux clients. Et cela dure depuis le 17 juillet, soit quatre mois (lire notre article). En cause, un arrêté préfectoral plaçant le Grand Belfort et la Communauté de communes des Vosges du Sud en crise sécheresse.
Concrètement : les Terrifortains ont interdiction d’utiliser l’eau pour arroser leurs plantes, remplir leur piscine ou encore laver leur voiture. Cet arrêté interdit également le fonctionnement des stations de lavage automobiles.
Une fermeture à la pire période
« Ça devient grave. On fait zéro chiffre », déplore Claude Gigon, gérant de la station de lavage. À côté de la station, il est possible de venir aspirer sa voiture. Mais sans le lavage, les clients viennent moins. « Nous avons acheté il y a deux ans. Nous avons beaucoup investi mais là il n’y a pas de rentrée d’argent. » En parallèle, la société doit assumer les charges et les salaires des employés. Une situation difficile à gérer d’autant plus que le gérant ne reçoit pas d’aide financière.
Cette fermeture est arrivée à la pire période pour la station de lavage. La saison estivale est la saison haute. « De juillet à octobre, c’est le moment où il y a le plus de lavages. Les personnes sont en vacances donc elles ont plus de temps », explique Alice Alfaia, une employée. En hiver, la fréquentation est plus basse et peut être perturbée lorsque les températures passent en dessous de zéro. « Quand il gèle, on ne peut pas l’utiliser », souligne Alice Alfaia.
La réouverture est prévue le 17 novembre, mais Self Autonet ne veut pas se réjouir trop vite. Il n’y a pas eu assez de pluie ces derniers mois et la société a peur que l’arrêté soit de nouveau prolongé. « La dernière fois c’était jusqu’au 17 septembre. Le 16, nous avons commencé à tout remettre en route, mais à 8 h nous avons reçu un message pour nous dire qu’il fallait refermer », témoigne Alice Alfaia
95 % de l’eau remise dans le réseau
Une interdiction que le gérant a du mal à comprendre. « Nous achetons l’eau au réseau et nous en redonnons 95 %. Une eau qu’on achète ensuite », explique le gérant. L’eau est également dépolluée directement depuis la station de lavage avec des bacs de rétention qui récupèrent les boues et les hydrocarbures. « Quand nous avons acheté, nous avons eu des contrôles pour vérifier que le système fonctionnait. » Des normes non présentes lorsque les personnes lavent leur voiture chez elles.
Il est interdit de laver sa voiture à son domicile pourtant, malgré l’arrêté, certains continuent de le faire. L’eau s’écoule directement dans le sol sans être traitée. « Il y a vraiment un problème d’image. Nous ne sommes pas des grands consommateurs d’eau et nous avons tout un système pour la traiter », insiste Claude Gigon.
Pas de garantie pour l’avenir
Dans l’arrêté préfectoral, il est indiqué que seules les stations de lavage possédant un système autonome avec eaux de pluie et système de recyclage. Un système que la station compte mettre en place. « Toute la partie enterrée est déjà là ». Lorsqu’ils ont acheté la société il y a deux ans, ils ont fait des travaux en anticipant ce système.
« Par contre, les préfectures ne s’engagent pas. Si l’année prochaine nous sommes de nouveau en restriction, et même si nous avons le recyclage, ils ne garantissent pas que nous puissions rester ouverts », regrette Alice Alfaia. D’autant plus que la question du financement se pose. Comment investir dans un nouvel outil alors qu’il n’y a plus de rentrée d’argent ?
