Le Territoire de Belfort est en crise sécheresse depuis plus de 90 jours, rappelle la préfecture, et la situation ne s’arrange pas, malgré les quelques pluies de ces derniers jours : « Pour le mois d’octobre, 50 à 65 mm de pluie sont actuellement enregistrés sur le département. Ce faible niveau de précipitation n’est d’aucun effet pour réalimenter les cours d’eau dont la majeure partie demeure encore en rupture d’écoulement », alerte la préfecture qui souligne également que la recharge des nappes phréatiques, très touchées par les canicules et le déficit de précipitations depuis fin mai, n’a pas commencé.
Pour ces raisons, le département reste placé, jusqu’au 17 novembre, en vigilance « Crise » le nord Territoire et le Grand Belfort, et en « Alerte renforcée » pour le sud Territoire.
Le site Vigieau ( https://vigieau.gouv.fr/ ) permet de connaître les interdictions commune par commune.
A Pontarlier, 500 m3 économisés chaque jour
Plus globalement, la préfecture souligne que « l’alimentation en eau potable sur le département nécessite une vigilance constante et la mobilisation des gestionnaires. En effet, 68 % des habitants du département sont alimentés par une ressource extérieure (Doubs, Haute-Saône ou Alsace). Les gestionnaires d’eau potable mettent tout en œuvre pour garantir l’alimentation des populations, mais les communes alimentées par le syndicat des eaux de Champagney subissent des tensions sur leur réseau d’alimentation en eau potable. La cellule de crise pour le suivi opérationnel hebdomadaire réunissant l’ensemble des acteurs de l’eau sur le territoire reste pleinement mobilisée pour faire face à cette situation. »
La préfecture souligne donc qu’il est indispensable de rester vigilant et de maîtriser sa consommation. Les bonnes pratiques prévues par l’arrêté, restreignant les usages de l’eau, demeurent plus que jamais nécessaires, même si le rafraîchissement de températures et quelques pluies auraient pu laisser penser le contraire ».
A Pontarlier, 500 m3 économisés chaque jour
Dans le Doubs, les tensions sur l’eau demeurent, comme dans le Territoire de Belfort, « en particulier dans le secteur de Pontarlier, avec une nappe de l’Arlier à un niveau historiquement bas et un lac de Saint-Point en retrait », rappelle la préfecture du Doubs : le département est placé en crise sécheresse depuis le 17 juillet. Cependant, d’importantes baisses de consommation d’eau sont enregistrées dans le secteur de Pontarlier : « La mobilisation de l’ensemble des parties prenantes, réunies à de nombreuses reprises pour dégager des solutions partagées, permettant d’éviter des coupures d’eau, doit être saluée. Les collectivités, les entreprises et le monde agricole ont engagé de nombreuses actions pour la sobriété des usages et la diversification des ressources », se réjouit la préfecture du Doubs.
« Grâce à l’effort de l’ensemble des usagers, la consommation d’eau potable dans le secteur de Pontarlier a diminué de près de 500 m3 par jour, sur une consommation moyenne de 4 000 m3 par jour. En parallèle, les dernières pluies ont permis de recharger partiellement les dispositifs de récupération d’eau de pluie, ces réserves contribuant également à soulager les réseaux d’eau potable. La situation dans le secteur de Pontarlier s’est ainsi légèrement améliorée grâce à la mobilisation de tous. »
Si elle salue ce résultat, la préfecture explique que la recharge de la nappe pkréatique n’a pas non plus repris dans le département du Doubs : « Pour autant, le retour à la normale implique un rechargement des nappes phréatiques, ce qui ne saurait intervenir sans pluies importantes et sur une durée longue. Il est en effet nécessaire de compenser un déficit pluviométrique continu depuis le mois de mars, soit plus de 7 mois de précipitations fortement inférieures aux normales. Le déficit pluviométrique correspond à 2 mois et demi de précipitations (soit environ 250 mm). La pluviométrie des semaines à venir sera primordiale pour, dans un premier temps, ré-humidifier les sols en superficie et alimenter les cours d’eau. L’humidification des sols profonds et des nappes phréatiques ne pourra survenir qu’ensuite, sécurisant les réserves d’eau potable pour 2027. »
La préfecture se réjouit de la prise de conscience des usagers, mais indique que « la sortie de cette crise inédite n’étant pas encore en vue, le préfet du Doubs appelle l’ensemble des acteurs et la population à maintenir les efforts déjà entrepris. »
Un nouveau point de situation est annoncé à la fin du mois.
