Une augmentation de 30 % de signalements liés à la consommation du protoxyde d’azote, entre 2022 et 2023 a été détectée par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). En 2022, 14 % des 18-24 ans déclarent avoir déjà consommé du « proto », précise l’agence. Au fil des années, la consommation de ce gaz hilarant est en augmentation, notamment chez les plus jeunes. Et la Bourgogne-Franche-Comté n’est pas épargnée par la tendance. Selon l’ARS, en 2023, 11,8 % des adultes de 18 à 64 ans ont déjà expérimenté le protoxyde d’azote. Contre 6,7 % en France. Concernant les jeunes de 17 ans, 1,4 % déclarent avoir déjà testé contre 2,3 % en France.
La Ville de Belfort a récupéré 40 m³ de cartouches de protoxyde d'azote
Pour faire face à cette flambée, en septembre 2025, le maire de Belfort, Damien Meslot, a pris un arrêté interdisant la consommation du protoxyde d’azote sur la voie publique. La Ville a également lancé une campagne de communication alertant sur les dangers liés à la consommation.
En 2025, la Ville de Belfort a récupéré 40 m³ de cartouches, soit environ 1 500 flacons de toute taille, indique-t-elle dans un communiqué. Le traitement de ces déchets représente 35 000 euros par an au Grand Belfort. De plus, les bonbonnes peuvent exposer les employés des incinérateurs aux dangers d’explosion. Souvent jetées sur la voie publique ou dans les poubelles, les bouteilles ne sont pas triées.
Une proposition de loi adoptée au Sénat
Au niveau national, les institutions prennent également les devants. Le Sénat a adopté en février la proposition de loi visant à restreindre la vente de protoxyde d’azote. Concrètement, cela signifie que la vente de protoxyde d’azote ne se fera qu’aux professionnels. Sa vente avait déjà été interdite aux mineurs en 2021.
Il est précisé qu’en plus de la vente, la détention et le transport sont interdits. La proposition de loi prévoit aussi d’élargir le délit d’initiation. Ce volet cible notamment l’incitation à la consommation via les réseaux sociaux. Cette nouvelle réglementation doit encore être examinée par l’Assemblée nationale.
Une consommation du « proto » avec des conséquences sur la santé
Les risques encourus par la consommation de ce gaz sont nombreux. L’ANSM en fait la liste : complications neurologiques, problèmes cardio-vasculaires, symptômes psychiatriques et dépendance. Une consommation en hausse qui débouche, dans certains cas, à des intoxications. Entre 2020 et 2021, les centres d’addictovigilance en recensent trois fois plus de cas graves. Même constat du côté des centres antipoisons.
Alors que le nombre de morts par accident de la route a augmenté de 2,1 % entre 2024 et 2025, les associations de prévention routière multiplient les spots de prévention. La nouvelle cible, le fameux gaz hilarant. En octobre 2025, la fondation Vinci Autoroutes lance sa campagne « Protoxyde d’azote : rien d’hilarant ». Selon une enquête menée par l’association 40 millions d’automobilistes, l’effet euphorisant lié à la consommation de ce gaz altère la conduite. Les temps de réactions sont multipliés par trois.