Du propre aveu du directeur général de l’hôpital Nord Franche-Comté, Pascal Mathis, la situation est « délicate ». Pics épidémiques. Vacances scolaires. L’hôpital Nord Franche-Comté est sous tension. Samedi 3 janvier, il a déclenché le niveau 2 de la gestion exceptionnelle de l’établissement (lire notre article). Depuis le mois d’octobre, l’hôpital Nord Franche-Comté a déjà activé le niveau 1. Elle pouvait faire appel à « une mobilisation interne ». Le niveau 2 permet notamment de mobiliser en externe. Toutes ces mobilisations se font sur la base du « volontariat », replace-t-il. « Des efforts conséquents ont été faits par de nombreux professionnels », apprécie le directeur général
Les périodes de vacances sont toujours plus délicates, convient le directeur général. Des établissements d’accueil sont fermés, des congés sont pris par les médecins libéraux… les flux se redirigent alors vers l’hôpital Nord Franche-Comté. Les urgences peuvent gérer, actuellement, 100 à 120 personnes au même moment. Cette année, le directeur, qui précise que ces éléments doivent être confortés, observe des états plus graves des patients à leur arrivée. Et des patients particulièrement âgés. Cela entraîne un besoin d’hospitalisation en médecine, après le passage aux urgences. Et cela crée un engorgement entre le service des urgences et les autres unités.
Moins de difficultés dans l’univers médical
L’activation du niveau 2 a permis d’obtenir quelques renforts, facilitant la « décongestion » des urgences. Avec la fin des vacances, des possibilités de transfert de patients redeviennent possible, pour alléger la charge de l’hôpital informe le directeur général. « Une soixantaine de sorties sont programmées pour libérer quelques lits ». Une situation qui doit permettre de n’être au niveau 2 « plan Blanc » que pendant quelques jours.
Depuis la crise sanitaire, les tensions sur l’hôpital sont de plus en plus fréquentes. Chaque année charrie son lot de plans Blancs. La crise devient la normalité. Même si Pascal Mathis, en poste depuis le printemps 2020, observe « nettement moins de difficulté en termes d’organisation médicales, que d’autres années ». C’est-à-dire qu’ils trouvent des médecins, ce qui n’a pas toujours été le cas. Par contre, les manques sont toujours forts chez les soignants, que ce soient les infirmiers ou infirmières ou chez les aides-soignants et les aides-soignantes. « Les Ehpad sont dans les mêmes difficulté que nous », observe-t-il, évoquant le cas du centre de soins de longue durée du Chênois, à Bavilliers.
Les travaux des urgences lancés
Les travaux d’agrandissement des urgences de l’hôpital Nord Franche-Comté ont débuté à l’automne 2025. Ils vont durer deux ans. Ils seront menés « en opération tiroir », car l’activité sera maintenue. Un service d’hospitalisation de courte durée sera notamment intégré à ce service des urgences ; il n’existait pas. Des leçons tirées de la crise sanitaire ont été tirées également ; on pourra sectoriser les patients, notamment ceux infectés et ceux qui ne le sont pas. Le circuit sera plus rationnel et plus individuel, assure l’hôpital. Le service doit faire face à l’augmentation d’activité, alors que les urgences de Trévenans accueillent 220 passages adultes par jour et une cinquantaine en pédiatrie. Soit 120 000 passages par an. Soit l’activité des deux centre hospitaliers universitaires (Besançon et Dijon) réunis, avec des possibilités de prises en charge plus développées. Sachant que 20 % des passages aux urgences sont réorientées. Il y a un vrai travail de parcours de soin, à l’échelle du territoire, à reconstruire, pour limiter les passages aux urgences.