« Où est Angela ? » Une question anodine qui pourtant peut permettre de protéger une personne victime de harcèlement de rue. Le dispositif « Ici, demandez Angela » est mis en place dans plusieurs villes en France depuis 2020, comme à Mulhouse et à Besançon. En cette fin d’année, la Ville de Belfort souhaite elle aussi le déployer.
Mais qu’est-ce que c’est ? Lorsqu’une personne est victime de harcèlement de rue, que ce soit une femme, un homme ou un enfant, elle peut entrer dans un commerce partenaire du dispositif (lire notre article). Elle peut alors s’adresser aux commerçants en demandant à Angela. Le commerçant saura que la victime a besoin d’aide. « L’idée est que le magasin soit un lieu de sûreté. Le commerçant peut, par exemple, l’emmener dans l’arrière-boutique », explique Véronique Dugrivel, chargée de mission droit des femmes.
Former les commerçants
« Les commerçants qui sont volontaires auront deux heures de formations avec le centre d’informations sur les droits des femmes et de la famille (CIDFF) », précise Évelyne Caloprisco, conseillère municipale déléguée à l’égalité et au respect des droits des femmes. Durant cette formation, les commerçants apprendront comment gérer l’arrivée d’une victime dans leur boutique. Deux séances de formations sont déjà prévues : une mi-novembre et une en janvier.
Pour le moment, une douzaine de commerçants du centre-ville sont intéressés par le dispositif. Après leur formation, les magasins auront sur leur vitrine un macaron permettant aux victimes de les repérer plus facilement. « C’est vraiment un dispositif qui est voué à se développer, à faire toile d’araignée », insiste Évelyne Caloprisco. Tous les commerces peuvent être partenaires, allant des bars ou bibliothèques en passant par les magasins de vêtements aux pharmacies. « Nous avons aussi un contact avec le Crous pour le développer sur le campus », ajoute Véronique Dugrivel.
25 novembre : journée de lutte contre les violences à l’égard des femmes
Dans le même esprit, la Ville de Belfort organise une journée pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes le 25 novembre. Plusieurs événements sont mis en place :
→ Des ciné-débats dans les centres socio-culturels de la ville à destination d’une quarantaine de jeunes entre 11 et 17 ans. « C’est de la prévention contre le cyber-harcèlement, le cybersexisme… », liste la chargée de mission
→ Deux séances d’une pièce de théâtre participative de la compagnie Zocha intitulée 7 sœurs. La représentation au théâtre Louis Jouvet est gratuite, mais l’inscription est obligatoire.
→ Le vendredi 27 octobre, la Ville de Belfort donne rendez-vous à 18 h place Corbis pour une marche. Le cortège longera la Savoureuse pour rejoindre la préfecture, puis savourer une soupe au potimarron dans l’hôtel de Ville. Spécificité de cette marche : les participants sont invités à venir avec un élément orange, couleur de la lutte contre les violences faites aux femmes. Même la statue du Lion sera illuminée en orange.
→ Le 30 novembre à 20 h, le Kinépolis, en partenariat avec Cinémas d’Aujourd’hui, organise un ciné-débat autour du film de Nathalie Najem Aux jours qui viennent. Le débat sera animé par Solidarité Femmes 90 et le CIDFF.
