Solidarité femmes 90 est une association qui vient en soutien aux femmes victimes de violences conjugales. Il y a environ deux ans, ses membres se sont penchés sur la notion de contrôle coercitif (lire notre article). À l’époque ce terme était encore méconnu du grand public. Mais, au fil des accompagnements, il leur semblait de plus en plus important de réaliser un travail dessus. C’est ce qu’ils ont fait. En octobre, l’association organise un colloque pour sensibiliser les professionnels à ce concept.
Qu’est-ce que le contrôle coercitif ? Définition : diverses stratégies ayant pour but de contrôler et d’asservir l’autre partenaire. Le sociologue Evan Stark a été le premier à évoquer le sujet. Il liste quatre éléments qui caractérisent le concept : l’isolement, l’intimidation, la violence et le contrôle. Le contrôle coercitif ne se limite pas donc à la violence physique, mais à tous les gestes ou micro gestes du quotidien. « En parlant de contrôle coercitif, nous sommes plus proches de ce que vivent les victimes. Cela permet de voir quelles sont les stratégies mises en place par l’auteur », explique l’association.
Faire connaître la notion aux professionnels
Une fois que le terme est compris, il faut pouvoir sensibiliser le plus grand nombre. C’est pour cela que Solidarité femmes organise un colloque dédié à ce sujet. Les 15 et 16 octobre, les professionnels de la santé, de la justice, du social et autres, peuvent venir se former. Il y aura notamment la chercheuse Andrea Gruev Vintila, autrice de l’ouvrage Le contrôle coercitif au cœur de la violence conjugale. Elle aura pour rôle de poser le cadre du contrôle coercitif. La psychologue Catherine Vasselier-Novelli exposera les différentes clés d’accompagnement.
Les femmes ne sont pas les seules victimes du contrôle coercitif. Présents dans le foyer, les enfants doivent aussi faire face à cette problématique. Gabrielle Douieb, psychologue, décrira les conséquences de ce contrôle sur les plus jeunes. Pour s’inscrire, les participants doivent se rendre directement sur le site de l’association Solidarité femmes 90.
Le gouvernement se saisit de la notion. La ministre de l’égalité, Aurore Bergé, a annoncé mi-septembre qu’elle déposerait un amendement pour que la notion de contrôle coercitif soit introduite dans la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. Aujourd’hui, ce concept n’apparaît pas dans le code pénal français. Il est déjà inscrit dans d’autres pays comme la Belgique ou l’Angleterre.
Un livre imaginé par l’association
Le colloque n’est pas le seul projet que Solidarité femmes a fait naître. L’association a imaginé un roman graphique autour du même thème : Règlement intérieur. Quand l’autre réglemente le quotidien : les mécanismes du contrôle coercitif. La BD s’inspire largement des situations vécues par les femmes accompagnées par l’association. Ella Coutance, l’illustratrice du projet, a mis en image ce qu’est le contrôle coercitif pour que le roman ait un rôle pédagogique. Publié aux éditions Nathan dans son label Les printanières, le livre verra le jour en 2027 mais sera présenté en avant-première lors du colloque.