Equiper : 10 nouveaux cabinets de consultation à l’hôpital
Le coût total de l’investissement est de 3 millions d’euros, dont 2,2 millions d’euros provenant d’une dotation de l’agence régionale de santé (ARS) et 300 000 euros du Pôle métropolitain du nord Franche-Comté. Cette somme a permis d’équiper l’hôpital nord Franche-Comté de dix nouveaux cabinets de consultation au sein de la nouvelle unité de chirurgie dentaire de l’établissement. Cette nouvelle unité a été aménagée à l’ancien emplacement de l’urologie. Cette discipline fait de plus en plus appel à des soins ambulatoire, ce qui a réduit l’espace nécessaire et permet de réaliser d’autres projets, dont ces dix nouveaux fauteuils dentaires. Auparavant, il n’y avait qu’un seul fauteuil dentaire à l’hôpital nord Franche-Comté (HNFC).
Ce nouvel équipement a accueilli ses premiers patients, mais pour l’instant uniquement des patients hospitalisés. Ce n’est qu’à la rentrée de septembre qu’il sera possible d’aller en consultation dentaire à l’hôpital. A partir de septembre, des étudiants en dernière année de chirurgie dentaire viendront se former à l’HNFC et ainsi renforcer l’équipe.
Outre l’investissement de 3 millions d’euros, cette unité dentaire engendrera un coût de fonctionnement de l’ordre d’un million d’euros, a souligné le directeur de l’hôpital, Pascal Mathis, lors de l’inauguration ce lundi 20 avril 2026. « Il faudra avoir une activité équivalente », a-t-il souligné.
De son côté, le préfet du Territoire de Belfort, Alain Charrier, s’est réjouit de cette ouverture de nouveau service, y voyant le « signe d’un léger redressement » dans un paysage général en France de déficit d’offre de soins.
Former : une douzaine d’étudiants attendus en septembre
Jusqu’en septembre 2022, il n’était pas possible de faire d’études en odontologie (chirurgie dentaire) en Bourgogne-Franche-Comté. Les étudiants intéressés devaient donc quitter à région pour aller se former par exemple à Strasbourg ou à Lyon. La Bourgogne-Franche-Comté était la seule dans cette situation. Parallèlement, la région était au-dessous de la moyenne nationale du nombre de dentistes dans une région.
Lorsqu’est née l’idée de créer un cursus pour former des chirurgiens-dentistes dans la région, elle a vite fait l’unanimité. Comme l’a rappelé Mathilde Marmier, directrice de l’ARS, ce cursus a été mis en place en impliquant les deux CHU (centres hospitaliers universitaires) de Besançon et de Dijon, ainsi que trois sites hospitaliers : Semur-en-Auxois, Nevers et l’hôpital nord Franche-Comté. Les étudiants en odontologie effectuent les cinq premières années d’études dans les CHU, puis rejoignent les centres hospitaliers pour effectuer leur sixième année, qui est considérée comme une année de consolidation de leurs connaissances. A l’hôpital nord Franche-Comté, ils assureront dix demi-journées hebdomadaires, en binôme, dans la nouvelle unité dentaire inaugurée ce lundi 20 avril. Un chirurgien-dentiste « senior » peut superviser jusqu’à sept étudiants de dernière année.
Le nouveau service dentaire, outre les maîtres de stage, comprendra une dizaine de professionnels : assistantes dentaires, secrétaires et agents de stérilisation.
Une douzaine d’étudiants sont attendus en septembre à l’HNFC (lire notre article). Ce n’est donc qu’à partir de septembre que l’on pourra appeler l’hôpital pour une consultation dentaire. A terme, ce sont une quarantaine d’étudiants qui suivront leur dernière année de formation dans le nord Franche-Comté.
Fidéliser : une formation qui se déroule aussi dans les cabinets libéraux
La sixième année de formation en odontologie ne se déroule pas qu’à l’hôpital. Elle se déroule aussi en cabinet « de ville ». Les dentistes du nord Franche-Comté vont donc être sollicités pour accueillir ces étudiants en dernière année dans leurs cabinets, afin de contribuer à leur formation : ils doivent effectuer 250 heures dans les cabinets dentaires locaux.
« Il s’agit de former et de fidéliser », a souligné la directrice de l’ARS. Autrement dit, chacun espère que les étudiants auront ensuite envie d’ouvrir leur propre cabinet à Belfort, Montbéliard ou Héricourt. Cette nouvelle unité « concourt à l’attractivité par de nouvelles possibilités d’accueil des patients. Et on espère l’installation de nouveaux praticiens dans le territoire du Pôle métropolitain », a commenté Damien Meslot, maire de Belfort et président du conseil d’administration de l’hôpital nord Franche-Comté.
La nouvelle unité sera placée sous la responsabilité d’Hélène Bigeard-Jouffroy, qui est engagée depuis plusieurs années dans la formation des étudiants en odontologie : elle a participé à la création de cette filière de formation en Bourgogne-Franche-Comté et a largement contribué à la configuration du nouveau service.
Un service dentaire accessible aux handicapés
Les nouveaux cabinets dentaires de l’hôpital nord Franche-Comté ont été pensés pour être accessibles aux personnes handicapées ou aux personnes âgées, plus généralement aux personnes à mobilité réduite. Ainsi, des fauteuils roulants mais aussi des lits peuvent entrer dans ces cabinets. Les équipements (lumière, aspiration) peuvent être déployés jusque sur ces lits ou fauteuils afin que le patient puisse y demeurer. Pour éviter « l’effet blouse blanche », les cabinets dentaires adoptent des équipements de couleurs différentes.
Cette démarche a été engagée dans le cadre du réseau Handident, qui a pour vocation d’améliorer la santé bucco-dentaire des personnes handicapées et des personnes âgées dépendantes.

