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Contre la désertification médicale, Grandvillars ouvre un centre de santé municipal

Le centre de santé municipal de Grandvillars, ouvert depuis août 2023. | ©DR
Nouveauté
Pour lutter contre la désertification médicale, la mairie de Grandvillars a lancé, à la fin de l’été, un centre de santé municipal. Les deux praticiens généralistes sont des salariés de la collectivité.

On estime en France que 11 % de la population n’a pas de médecin traitant. Si l’on reporte ce chiffre à la commune de Grandvillars, cela signifie que 300 personnes sont sans médecin traitant. Et la mairie estime même que c’est le double en 2023, avec la disparition soudaine d’un médecin de la commune, comme on peut le lire dans le diagnostic mené dans le cadre de la construction d’un centre de santé municipal.

« Vous ne pouvez pas rester insensible quand les gens vous disent qu’ils ne trouvent pas de médecins traitants », confie Christian Rayot, maire de Grandvillars et président de la communauté de communes Sud Territoire (CCST). L’édile s’intéresse à la démographie médicale depuis 2003 ; il est maire depuis 1989. Selon ce diagnostic, au 31 décembre 2022, la communauté de communes Sud Territoire comptait onze médecins généralistes ; cinq ont plus de 60 ans et 6 ont moins de 40 ans.

Territoire défavorisé

Un Français sur cinq a plus de 65 ans. Grandvillars suit cette tendance nationale du vieillissement de la population. Et elle s’accentue. Entre 2008 et 2018, la communauté de communes a perdu 9 % de sa population âgée de 0 à 29 ans. En 2008, la tranche d’âge la plus représentée dans le territoire était celle des 30-44 ans. Aujourd’hui, ce sont les 45-59 ans. Les habitants âgés de 0 à 30 ne représentent à peine plus de 35 % de la population de l’intercommunalité. Les plus de 60 ans dépasse les 20 %.

Ces données sont issues du diagnostic mené en amont du projet de centre municipal de santé. Il révèle aussi que le Sud territoire est un « territoire rural défavorisé », pour reprendre le vocable usité. Il est marqué par une surreprésentation des ouvriers par rapport au reste du pays. On y constate aussi une surmortalité générale pour les maladies cardio-vasculaires et traumatiques. « Les taux d’hospitalisation (toutes causes et maladies cardiovasculaires) sont [également] supérieurs à la moyenne nationale », indique le rapport.

Selon ce diagnostic, les habitants de Grandvillars « se situe[nt] parmi les 7,3 % de la population française les moins bien desservis en matière d’accès à la médecine générale ». La commune figure parmi les 208 communes de plus de 3 000 habitants les plus défavorisés dans ce domaine. Si l’on regarde l’indicateur d’accessibilité potentielle localisée (APL), qui mesure l’accès aux soins et notamment l’accès à un médecin généraliste, Grandvillars enregistre un APL de 2,4, contre un APL de 4,3 à l’échelle du Territoire de Belfort, de 3,8 à l’échelle de la Bourgogne-Franche-Comté et de 4,1 à l’échelle nationale. Si l’on retire les médecins de plus de 65 ans, l’APL tombe à 2,2. Et le diagnostic est formel : le sud territoire présente une densité de professionnels de santé inférieur à la densité régionale.

Pas de gestion administrative

En 2007, déjà, la mairie soutient un projet privé de maison médicale, en vendant un terrain viabilisé, donnant sur l’espace public aménagé. Depuis 2019, Grandvillars compte quatre médecins généralistes en moins ; ils ont été compensés par l’arrivée de quatre jeunes praticiennes. À l’aide de l’agence régionale de santé, de 50 000 euros, la collectivité ajoute une aide de 10 000 euros et une aide de 15 000 euros, par an et sur deux ans, pour financer le poste de secrétaire médicale. Si les départs sont « compensés », le cabinet médical créé en 2007 ne comptait plus, par contre, de médecins généralistes.

Compte tenu de tous ces éléments, Grandvillars s’est lancé il y a un an dans la construction d’un centre de santé municipal, ouvert depuis le mois d’août ; dans le nord Franche-Comté, Audincourt a ouvert un centre similaire, en 2022. Les médecins sont salariés de la commune. Celle-ci doit assurer une ouverture du centre 40 heures par semaine. Une médecin assure 35 heures de consultation et un médecin 5 heures ; le centre est ouvert du lundi au vendredi. « L’avantage de ces centres, c’est que les médecins travaillent 35 heures, qu’ils ont les vacances et qu’ils ne gèrent pas la partie administrative, ni financière », défend Christian Rayot, conscient des nouvelles demandes des jeunes médecins, qui cherchent plus de pluridisciplinarité et des horaires plus encadrés. Le maire est aussi réaliste sur le manque d’attractivité de ces territoires ruraux, alors que les étudiants font leurs études dans les métropoles et que l’on n’a pas assez formé de médecins ces dernières décennies, contraint par un numerus clausus, supprimé depuis 2021. Mais les premiers effets de cette décision ne seront visibles que dans une décennie.

Le site pourrait accueillir prochainement des spécialistes, voire d’autres généralistes. Le maire envisage de « se déplacer » pour recruter, dans les écoles, mais aussi à l’étranger. Il cherche aussi des kinésithérapeutes. Une offre de soins non-programmés est aussi étudiée pour « désengorger », comme indique le dossier du projet, les urgences de l’hôpital nord Franche-Comté.

Le centre de santé municipal implique, pour la mairie, un budget de fonctionnement de 200 000 euros par an.

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