(AFP)
La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Besançon examinera le 11 février une demande de remise en liberté de l’ex-anesthésiste Frédéric Péchier, condamné en décembre pour l’empoisonnement de 30 patients, dont 12 sont morts, a-t-on appris mardi de sources concordantes.
L’ancien médecin, qui n’a cessé de clamer son innocence tout au long de son procès de trois mois et demi, a déposé cette demande dès l’annonce de sa condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité, le 18 décembre. M. Péchier, 53 ans, qui n’avait jamais dormi en prison pendant l’instruction et a été incarcéré à Besançon dans la foulée du verdict, espère recouvrer la liberté dans l’attente de son procès en appel.
Les parties civiles s’opposeront à la demande de Frédéric Péchier
Les avocats des parties civiles « s’opposeront à cette demande », a précisé à l’AFP Me Stéphane Giuranna, qui défend de nombreuses victimes et proches de victimes. Remettre en liberté une personne « condamnée à perpétuité par un jury populaire » constituerait un « trouble majeur à l’ordre public », selon lui. Par ailleurs, le condamné a déjà tenté par le passé de mettre fin à ses jours et « un risque de fuite n’est pas à exclure », a argumenté Me Giuranna.
Selon le code de procédure pénale, la chambre d’instruction doit se prononcer dans les deux mois à partir du jour où elle a été saisie, soit en l’occurrence le 18 février au plus tard, a précisé l’avocat.
Le praticien a été reconnu coupable d’avoir pollué des poches de perfusion avec différents produits pour provoquer un arrêt cardiaque ou des hémorragies chez des patients opérés par des confrères, afin de nuire à des soignants avec lesquels il était en conflit.
