(AFP)
Un homme de 20 ans a été condamné ce mercredi 5 février à 15 ans de réclusion pour le meurtre d’un quadragénaire bosniaque à Besançon, en 2023, sur fond de trafic de drogue. Des faits commis alors qu’il était mineur, a-t-on appris auprès des avocats impliqués. À l’issue du procès qui s’est tenu à huis clos, la cour d’assises du Doubs n’a pas retenu la préméditation, qui aurait entraîné une condamnation pour assassinat, passible de la réclusion criminelle à perpétuité.
Elle a également retenu l’excuse de minorité, qui atténue les peines encourues, contre l’avis de l’avocat général qui avait requis une peine de 20 ans. « Il n’y avait pas assez de matière dans le dossier pour caractériser la préméditation », a regretté l’avocat des proches de la victime, Baptiste Monnot.
En revanche, le jeune homme a été déclaré entièrement redevable des indemnités à verser aux parties civiles, s’est félicité l’avocat, la cour ayant exclu « la responsabilité de cette personne (la victime) dans la survenance de sa propre mort ».
En pleine guerre des gangs
Les faits s’étaient produits en juin 2023 à Besançon, dans le quartier de Planoise, alors en proie à une guerre des gangs pour le contrôle du trafic de stupéfiants.
L’accusé, alors âgé de 17 ans, avait porté un coup de couteau mortel au niveau du cœur à la victime, un Bosniaque établi en France qui avait un casier judiciaire pour trafic de stupéfiants.
L’auteur du coup mortel avait également à son actif plusieurs condamnations pour vols avec violences, et a été condamné depuis pour trafic de stupéfiants. Mais les débats n’ont pas permis d’accréditer la thèse défendue par l’avocat général d’une vengeance liée à la drogue, selon l’avocat de l’accusé, Christophe Bernard. Selon lui, les deux protagonistes « ne se connaissaient pas » et se sont retrouvés dans un « face-à-face qui tourne mal ».
« Ce n’est pas parce qu’il a été condamné pour (trafic de stupéfiants), et que la victime était elle-même une personne toxicomane, sous l’influence de cannabis, cocaïne et benzodiazépine, (…) que c’est forcément un face-à-face lié aux stupéfiants », a affirmé le défenseur.
Le parquet a indiqué à l’AFP ne pas avoir l’intention de faire appel du verdict, tandis que le condamné « s’interroge sur un appel », selon son avocat.
