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Belfort : suspecté d’avoir organisé une manifestation non-déclarée, un anti-passe relaxé par le tribunal

Tribunal de Belfort / palais justice / tribunal judiciaire
Tribunal de Belfort / palais justice / tribunal judiciaire

Olivier, 47 ans, manifestant régulier, était accusé d’avoir organisé la manifestation anti-passe du 18 décembre 2021. Le ministère public a souhaité le condamner à trois mois d’emprisonnement avec sursis, mais il a finalement été relaxé faute de preuves. 

Organisateur ou pas ? Olivier, 47 ans, manifestant régulier contre le passe sanitaire, comparaissait devant le tribunal judiciaire de Belfort ce mercredi 16 mars. Il était suspecté d’avoir organisé la manifestation anti-passe du 18 décembre 2021 à Belfort, sans l’avoir déclarée au préalable. 

À 8h30, au tribunal judiciaire de Belfort ce mercredi 16 mars, la salle d’audience affichait complet. Des amis, des connaissances, des compagnons de manifestation venant de Haute-Saône et du Jura, étaient présents pour soutenir Olivier, 47 ans, convoqué au tribunal pour avoir organisé une manifestation anti-passe non déclarée. C’était le 18 décembre, lors d’une énième manifestation anti-passe sanitaire du samedi dans les rues de Belfort. Mais cette fois, l’événement, non déclaré, ne passe pas. D’autant plus que la préfecture avait interdit tout un périmètre en raison du Mois givré et des infractions commises au sein des locaux de l’Est Républicain le mois précédent, en novembre (lire notre article).

« Non, je n’ai pas organisé cette manifestation », plaide Olivier devant le tribunal. Le compte-rendu des policiers relate qu’Olivier se tenait au niveau d’une remorque, équipé d’une sonorisation et d’un micro, pour clamer des slogans et donner le ton dans la manifestation. Il aurait aussi donné l’idée de pénétrer par petits groupes dans le périmètre défendu par l’arrêté pour tracter. Pour le ministère public, cela fait de lui l’organisateur de l’événement. Pourtant, parmi les sept personnes auditionnées à la suite de cette manifestation, aucun n’atteste connaître l’organisateur de ces manifestations et aucun ne reconnaît la responsabilité d’Olivier, détaille le tribunal. « Les événements sont relayés sur une page Facebook mais il n’y a pas vraiment d’organisateur. Nous sommes tous sur un pied d’égalité », affirme Olivier.

Lorsque le tribunal l’interroge sur les raisons qui ont poussé les membres à ne pas déclarer la manifestation, Olivier joue la carte de l’honnêteté. « C’est un principe. Nous ne voulions pas demander l’autorisation pour une manifestation qui concernait la liberté. »  Pour autant, il affirme ne pas en savoir plus. « Je n’ai pas fait partie de l’assemblée qui s’est occupée de cette manifestation », rappelle-t-il. 

Le substitut du procureur, Antoine Celle, a tenté de rappeler que le suspect n’était pas là pour avoir manifesté, mais bien pour avoir organisé, sans le déclarer, un événement susceptible de nuire à l’ordre public. Cette réaction, de la part des autorités (qui a été d’envoyer Olivier devant la justice) résulte d’une volonté « d’apaiser les tensions », selon le ministère public. Il complète : « La preuve, après cet incident, toutes les manifestations ont été déclarées. »  Le ministère public a proposé une peine de trois mois d’emprisonnement avec sursis, l’interdiction de port d’armes pendant 5 ans ainsi que l’interdiction de manifester durant six mois. Pour le procureur, cette peine est avant tout symbolique. « Nous ne sommes pas devant quelqu’un dans la délinquance. » Le prévenu est père de famille, directeur et dispose d’un casier vierge.

Servir d’exemple

Pour l’avocate de la défense, Me Amélie Baumont, la décision d’attaquer en justice Olivier est là pour servir une décision politique. « Ce qu’ils veulent, c’est avoir un exemple. Mais la justice n’est pas là pour ça » Pour elle,  les autorités ont joué à «  plouf-plouf » ce jour-là, pour donner une leçon aux manifestants dans une période très tendue entre manifestants et corps de police. Car juste après Olivier, au moins une personne, voire deux, ont pris le micro pour clamer des slogans. Des personnes qui n’ont pas été présumées organisatrices. « J’ai pris le micro cette fois, cela aurait pu être quelqu’un d’autre », se défend Olivier. Pour l’avocate, aucun élément tangible ne permet d’établir le fait qu’Olivier ait été l’organisateur. 

Aussi, elle s’offusque qu’en 2022, « l’on vienne encore solliciter une peine d’emprisonnement pour avoir manifesté. » Elle déplore que ce procès vienne remettre en cause la liberté d’expression et les droits républicains. Des arguments soutenus par l’association de la ligue des droits de l’homme, qui a épaulé Olivier en lui conseillant l’avocate et en l’accompagnant jusqu’au procès. « Ce que nous soutenons, c’est le droit de manifester et la liberté d’expression. Des principes qui ne devraient jamais être remis en cause », met en perspective une porte-parole de l’association. 

Finalement, Olivier a été relaxé, provoquant une ovation dans la salle, vite réprimandée par le tribunal. Sur le visage du prévenu, des larmes de joie coulent. Devant le tribunal, une cinquantaine de personnes attende Olivier. Solidaires, elles se sentent toutes soulagées. « Cela aurait pu être n’importe lequel d’entre nous », expose l’une de ses amies.

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