À 12 h les pompiers du centre de secours Belfort Sud, à Danjoutin, ont sorti les différents camions et ont mis en marche les sirènes. Au-dessus de la caserne, une affiche « Pompiers en grève » est accrochée. « Nous menons une action symbolique pour notre collègue qui s’est fait tirer dessus hier à Marseille », explique Stéphane Boillot, pompier et membre du syndicat Fédération autonome. Dimanche 1er novembre, un sapeur-pompier a été pris pour cible alors qu’il intervenait sur un incendie. Alors, les syndicats des sapeurs-pompiers ont lancé un appel à des rassemblements en soutien.
« Nous ne sommes plus en sécurité », dénonce Stéphane Boillot. Ces violences, les pompiers du Territoire de Belfort y sont confrontés. Une violence qui est décrite comme récurrente. « Quand on se fait insulter, je ne vais pas dire que c’est la normalité mais presque. » Le 1er novembre, une altercation a eu lieu alors que les sapeurs-pompiers intervenaient sur un début de feu dans un immeuble aux Résidences à Belfort. Trois sapeurs-pompiers ont porté plainte suite à cet événement. D’après les éléments que le procureur de la République de Belfort, Paul-Édouard Lallois, possède, l’événement est davantage qualifié comme une entrave dans le cadre de l’exercice des fonctions plutôt qu’une agression. « L’individu fait l’objet de poursuites pénales. Il est convoqué devant un de mes délégués en décembre pour l’infraction que nous avons qualifiée de violence sur pompier sans incapacité de travail », précise le procureur.
Des interventions hors de leurs missions
Les sapeurs-pompiers doivent faire face à de plus en plus de situations qui peuvent les mettre en danger. « On nous demande d’emmener des personnes en rupture médicamenteuse aux urgences sans les forces de l’ordre pour sécuriser nos ambulances. » Le Sdis peut également être appelé pour des personnes en état d’ébriété sur la voie publique. « Les forces de police qui sont également en manque de moyens, n’ont pas de patrouille à nous envoyer. » Des interventions, qui parfois dépassent le cadre de leurs missions.
Pas de pompier volontaire
Un problème de sécurité sur le terrain qui s’ajoute à un manque de moyens humains (lire notre article). Sur le Sdis 90, ils sont une centaine de sapeurs-pompiers et de personnels administratifs. « Il manque une vingtaine de pompiers professionnels pour pouvoir assurer les secours normalement sur le département », regrette Stéphane Boillot. Aujourd’hui, le Sdis 90 est seulement composé de sapeurs-pompiers professionnels. Il n’y a plus de pompiers volontaires.
La journée, certaines casernes sont vides. C’est le cas à Delle, Giromagny ou encore Rougemont-le-Chateau. « S’il y a un feu de maison à Delle, c’est la caserne d’ici (Danjoutin, NDLR), qui intervient en premier fourgon. » Un problème n’existe pas la nuit. Les dix casernes du département ont des sapeurs-pompiers professionnels sur site. Stéphane Boillot ne cache pas son inquiétude face à l’avenir.

