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Amiante : trois anciens salariés d’Alsthom à Belfort indemnisés par le pôle social 

Philippe Begel, André Pellegrini et Jean-Jacques Hoener, anciens salariés d'Alsthom. ©Le Trois - EC
Il aura fallu six années pour réussir à faire reconnaître le préjudice qu’ont subi trois anciens salariés d’Alsthom, touchés par des maladies causées par l’amiante inhalé sur site, à Belfort. Ils ont reçu un chèque d’indemnisation, le 11 avril dernier.

L’émotion était forte, lors de cette remise de chèques le 11 avril dernier, au sein des locaux de la CGT à Belfort. L’association Adevam-FC, qui défend les salariés touchés par des maladies causées par le travail, dont l’amiante, a suivi trois hommes, trois anciens salariés d’Alsthom. Il aura fallu six ans de combats, aidé par un cabinet d’avocats, des médecins et pneumologues engagés pour la reconnaissance du préjudice de l’amiante pour que cela fonctionne. Le but : faire reconnaître à l’ancien employeur sa « faute inexcusable ». C’est chose faite. Le pôle social a reconnu en ce début d’année sa responsabilité. Une indemnisation financière a été versée aux trois hommes, qui se sont vus remettre des chèques d’un montant qu’ils ne souhaitent pas dévoiler. « Il est important », confie l’un d’eux. 

Pour autant, ils ne retrouveront jamais la santé. À 67, 65 et 62 ans, les trois hommes ont contracté des maladies pulmonaires, des cancers, après avoir été en contact avec de l’amiante durant leurs années à Alsthom.  « On se baladait sur des chantiers où il y avait de l’amiante partout. Nous n’avions pas de masque, pas d’aspirateur. Rien. C’était en 1977. Je suis quasiment sûr que j’ai chopé mon cancer à cause de ce moment-là », raconte André Pellegrini, des trémolos dans la voix. 

La colère est forte. Le président de l’association, Jacques Rambur, raconte : « Dès 1909, un inspecteur du travail avait dénoncé les risques sur la santé que pouvait produire l’amiante. Il a pourtant fallu attendre le 1er janvier 1998 pour que l’Etat interdise l’emploi de ce matériau dans les entreprises. » Il se remémore : « Pendant ce temps, on nous laissait jouer avec. On se balançait des boules de neige d’amiante à l’époque ! Tout le savait, mais tout le monde s’est tu. Désormais, nous faisons partie d’une ancienne génération de salariés qui déclarent des maladies à l’amiante. » Jean-Jacques Hoener complète : « C’est fou, aujourd’hui, quand on traite de l’amiante, les gars sont en tenue de cosmonaute. Nous, on avait un bleu de travail et des gants.» 

De longues années d’errance

Les fibres d’amiante, insidieuses, peuvent rester dans le corps plusieurs années sans qu’une maladie se déclare. Elles sont inodores et incolores. « Mais un jour, le mal arrive.  Problèmes pulmonaires, toux, essoufflement, la vie prend soudain un autre virage, celui de la lutte féroce contre ces maladies », explique le président de l’association. C’est de cette manière que s’est déclarée la maladie chez les trois hommes. Deux d’entre eux ont vu la maladie apparaître après la retraite. Le troisième, Jean-Jacques Hoener a vu sa maladie se déclarer lorsqu’il avait 56 ans. « Rien ne dit que je ne l’avais pas avant. Pendant longtemps, personne ne trouvait ce que j’avais. Personne ne m’a jamais parlé de maladie professionnelle non plus, jamais.» André Pellegrini et Philippe Begel hochent la tête. De la même façon, ils ont été baladés de médecins en médecins avant de comprendre que leurs maladies étaient liées à l’amiante. 

Médiatiser cette remise de chèques, c’est un appel aux anciens collègues, et à tous ceux qui ont pu être en contact avec de l’amiante. « On veut aider les gens à déclencher un questionnement. Qu’ils fassent au moins la démarche d’aller voir l’association Adevam-FC pour être sûr qu’ils n’ont rien et enclencher quelque chose », confie Jean-Jacques Hoener. « L’indemnisation ne met pas un terme à la maladie. On veut que ça se sache pour toutes les personnes qui souffrent. L’association peut les aider. Il faut que ça se sache, vraiment », insiste André Pellegrini. 

Jacques Rambur sourit. Avec l’association, il intervient aussi dans d’autres entreprises comme des entreprises de bâtiments et travaux publics (BTP), des supermarchés. L’association a par exemple fait reconnaître la maladie de la silice pour un employé du BTP. Il expose : « Nous avons besoin que les médecins sachent qu’ils peuvent venir nous voir pour discuter de toutes ses maladies.» En attendant, cette première reconnaissance d’anciens salariés d’Alsthom est une première victoire pour l’association, qui continue de monter des dossiers pour d’autres salariés.

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