C’est une première, le 1er salon post-mortem aura lieu dimanche 19 avril à Bavilliers. « Il existe des salons funéraires pour les professionnels, mais pas de salon sur ce thème-là », annonce Laurence Aria, maître de cérémonie et conseillère funéraire mais également organisatrice du salon Pause Post-Mortem. La thématique : « Et si y songer avant était un acte d’Amour ? »
Au fil de sa carrière, Laurence Aria en a fait l’expérience, lors d’une annonce de décès, la famille et les amis se retrouvent pris de cours et éprouvent de la difficulté à organiser les funérailles. Une tâche complexe qui s’ajoute au deuil (lire notre article). « Alors que j’étais simplement maître de cérémonie, j’ai eu à m’occuper des fleurs, gérer le placement des chats, chercher la salle pour le verre du souvenir… », se remémore-t-elle. Les personnes ne sont pas forcément au fait des options qui leur sont possibles de prendre. Une idée lui vient alors en tête. Pourquoi ne pas accompagner les personnes à organiser leur décès de leur vivant ?
Personnaliser ses obsèques de son vivant
19 sociétés participent au salon en complément d’un food truck. Les activités sont diverses, mais se rejoignent sur un point : permettre aux vivants d’organiser leur obsèque. Au programme : une société s’occupant de l’entretien des tombes, un photographe pouvant intégrer un QR Code sur les sépultures. « En flashant le QR code, on a accès à un diaporama, un reportage sur la personne décédée. » Sera également présent, une fleuriste pour la décoration des cérémonies, une artiste peintre, des pompes funèbres… « Il y aura aussi un organisme en rapport avec le devenir des animaux de compagnie. » Un exposant proposera de la lithothérapie. « Pour ceux qui croient aux pierres, il y en a certaines qui peuvent se mettre dans le cercueil. La personne en garde une avec lui et cela permet de garder un lien », précise la maître de cérémonie.
Autant de détails qui permettent aux personnes de pouvoir, en amont, réfléchir à leurs funérailles et personnaliser la cérémonie. Laurence Aria l’explique, l’aspect administratif n’est pas non plus à négliger. Dernières volontés, directives anticipées… Ces démarches peuvent parfois être lourdes pour la famille qui peut se sentir perdue. « Je propose des outils à disposition. Il y a un livret de dernières volontés et souhaits, un livret sur les démarches. J’ai aussi une fiche en cas d’urgence », fait savoir la maître de cérémonie.
Organiser ses obsèques en amont, de plus en plus de personnes y pensent
« L’objectif, c’est vraiment de sensibiliser tout à chacun et de lever le tabou de la mort. Parce que ce n’est pas en parler qui la fait arriver. La preuve, j’en parle tous les jours et je suis toujours bien vivante », ironise Laurence Aria. Selon les chiffres de la fédération nationale du funéraire, 45 % des Français organisent leurs obsèques à l’avance. Mais seulement deux individus sur dix ont souscrit à un contrat obsèques, une progression de 5 points de pourcentage en deux ans. Deux facteurs poussent les personnes à souscrire ce type de contrat : soulager les proches du paiement et de l’organisation des obsèques.