(AFP)
Après la visite d’une exploitation agricole de Haute-Saône, le chef de l’Etat est allé à la cantine du lycée général et technologique des Haberges, qui compte 850 élèves. Assis à une table d’une douzaine d’élèves, il a partagé un plat de saucisse de Morteau et de lentilles en écoutant le récit de leurs journées qu’ils jugent trop « chargées ».
« Je vous promets qu’on va se battre sur le temps scolaire » , a assuré Emmanuel Macron, évoquant les vacances d’été « trop longues » et défendant leur « droit à l’insouciance ».
« Qu’est-ce que vous pensez de l’interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans? On va imposer aux plateformes de vérifier l’âge » des utilisateurs, a-t-il ensuite interrogé au sujet de son cheval de bataille de sa fin de mandat, alors qu’un texte a déjà été voté à l’Assemblée nationale avec l’objectif d’une entrée en vigueur en septembre.
Conscients de la place parfois négative des réseaux sociaux dans leur vie – difficultés de concentration, enfermement sur soi-même, contenus violents… -, les lycéens se sont toutefois inquiétés de devoir renoncer totalement au téléphone pendant leur journée de lycée, un autre volet de la loi en discussion. « Il faut au maximum que le temps scolaire se fasse sans portable » et « le règlement intérieur » des établissements « doit adapter ça », a argumenté le président. « C’est utile, on se rend compte que ça améliore les résultats », a-t-il tenté de les convaincre.
« Du temps de vie qui est mangé »
Il leur a promis de la « souplesse » dans l’application de la loi, précisant qu’il n’était « pas pour l’interdiction totale des réseaux sociaux ». Les lycéens ont témoigné de « l’échappatoire » que cela représentait pour eux. Selon Emmanuel Macron, ces réseaux « ce n’est pas un truc fait pour que vous soyez ensemble, c’est fait pour que vous soyez disponibles pour vous vendre des choses ». « C’est du temps de vie qui est mangé », a-t-il insisté.
Deux élèves de BTS attablés à ses côtés, Lucas Bardin et Lilian Fougeroux, ont demandé à M. Macron : « Etes-vous heureux actuellement ? »
« Je me suis battu pour être élu, je suis très fier de ce que j’ai fait », a-t-il répondu. Mais « c’est une fonction qui te mange beaucoup de temps. Je ne peux pas te dire que j’ai une vie équilibrée aujourd’hui, parce que je n’ai pas un temps familial satisfaisant. Mais j’essaie de faire de mon mieux », a-t-il ajouté, songeur.
