LFI ne siège pas au conseil départemental du Territoire de Belfort, mais il en a été beaucoup question, souvent à mots couverts, lors de la réunion de ce jeudi 24 septembre. L’ordre du jour prévoyait un point sur le « fonctionnement des groupes d’élus et moyens des élus ». Un libellé sibyllin qui englobait à la fois le choix d’un successeur à Ian Boucard comme chef du groupe majoritaire, et la création scission du groupe d’opposition de gauche, avec la création d’un nouveau groupe.
La question de la succession de Ian Boucart (qui a démissionné pour cause d’impossibilité de cumul avec son mandat au conseil municipal de Belfort) a été vite réglée : Anaïs Monnier, vice-présidente en charge de l’éducation, des collèges, de l’enseignement supérieur, de la culture et des archives, devient présidente du groupe majoritaire.
« Si la gauche n’est pas rassemblée, elle disparaît »
La scission du groupe d’opposition a en revanche déclenché des échanges plu tendus. Le Trois l’a annoncé le 3 septembre : Samia Jaber, Martine Pauluzzi et Léo Prassel ont décidé de former leur propre groupe. Il est baptisé « Une gauche pour le Territoire ».
Bastien Faudot, Christian Rayot et Isabelle Mougin restent donc les seuls membres du groupe GRES (Gauche républicaine écologique et sociale). Bastien Faudot a déploré cette scission qu’il estime motivée par « simples intérêts conjoncturels », en soulignant qu’il y avait eu depuis 2015 « des débats », mais « jamais de désaccord majeur », sauf à l’occasion des municipales de mars dernier, où il refusait tout accord avec LFI.
Il a aussi déploré les « conséquences humaines », avec le licenciement du collaborateur du groupe depuis onze ans, et la division des moyens alloués au groupe (par exemple le local affecté à l’opposition).
Samia Jaber a tenté d’éclaircir la démarche qui la motive, ainsi que Léo Prassel et Martine Paulizzi, en estimant qu’une « volonté de clarification au moment où il y a un grand débat à gauche : d’un côté une gauche qui veut rassembler ses composantes, et de l’autre celle qui veut installer la logique de deux gauches irréconciliables ». Elle s’est également référée à l’intervention d’Emmanuel Maurel, candidat de la GRS (Gauche républicaine et sociale (parti dont est membre Bastien Faudot) à la primaire de la gauche, la veille lors du premier débat télévisé, et qui a posé la question de donner ou non une majorité à l’Assemblée en cas d’élection de la candidate du RN. « Cela pose le périmètre des alliances », a-t-elle insisté. Elle a appelé de ses vœux une « gauche rassemblée (…) aux prochaines échéances départementales, législatives et régionales ».
« Si la gauche n’est pas rassemblée, elle disparait », a-t-elle prédit.
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Cédric Perrin, pour la majorité, a salué la position de Bastien Faudot dans son refus d’alliance avec LFI, pour mieux fustiger celle de Samia Jaber à qui il reproche de « vouloir faire appel à un parti antisémite, violent et qui appelle à faire siffler la Marseillaise » .
Samia Jaber l’accuse alors de « carricature ».
Christian Rayot a alors défendu le refus d’alliance avec LFI : « Je ne m’associerai jamais avec un parti qui attaque les institutions républicaines, notamment la police et la gendarmerie. Il y a aussi des orphelinats dans la police et dans la gendarmerie », a-t-il lancé.
De quoi faire réagir Léo Prassel, qui a refusé d’être « accusé de ne pas soutenir la police » au motif que son père et son grand-père étaient policier.
Didier Valverdu s’est déclaré solidaire de la position de refus d’alliance avec LFI : « Qu’auriez-vous dit si nous avions fait alliance avec RN ! Et vous auriez eu raison ! La seule gauche à sauver est celle qui tourne le dos à cet extrémisme », a-t-il lâché.
« Ce qu’on entend là est regrettable, s’est attristé Samia Jaber. Nous ne sommes pas les avocats de LFI. Je n’ai jamais voté, parrainé, apporté mon soutien à LFI et je n’ai jamais été tête de liste pour LFI ».
La création de ce nouveau groupe a été adoptée avec les voix de ses trois membres et de la majorité; le groupe GRES, réduit à trois, s’est abstenu.