Le 1er juillet 1959, 24 communes du pays de Montbéliard se regroupent pour former le district urbain du Pays de Montbéliard. Un rapprochement qui fut les prémices de ce qui est aujourd’hui Pays de Montbéliard Agglomération (PMA). Petite particularité, ce district est le deuxième créé en France. Les élus de l’époque avaient certaines raisons de croire en cette organisation (lire notre article).
Un essor démographique avec la filière automobile
« Ça répondait beaucoup à la situation urbanistique. Le territoire devait répondre à une augmentation des effectifs notamment due à l’automobile », amène en préambule Pierre Lamard, professeur d’histoire industrielle à l’université de technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM). En 1955, le site Peugeot de Sochaux employait 15 000 salariés, puis 23 000 en 1960 et 39 000 en 1979.
Un essor auquel les institutions ont dû s’adapter. « Il fallait répondre à des problèmes d’assainissement, de mobilités, de formation, de santé », liste le professeur d’histoire. Les cités ouvrières et les grands ensembles vont petit à petit se faire une place dans le paysage montbéliardais. Le quartier du Buis de Valentigney, construit à la fin des années 1950, en est un exemple. Impossible pour chaque commune de gérer ces problématiques individuellement. « Il s’est avéré que c’était plus facile de travailler globalement afin d’avoir plus de cohérence. »
La principauté de Montbéliard : une enclave
Autre explication soulevée par Pierre Lamard, la situation d’enclave du territoire. « C’est une enclave protestante, mais ce qui compte ici, c’est plutôt le sentiment d’enclave. » Le pays de Montbéliard a créé en quelque sorte une solidarité culturelle. Une tendance marquée par l’historique du territoire. À partir du XIVe siècle, la principauté de Montbéliard est une terre wurtembergeoise dont le dernier des dirigeants fut le comte de Wurtemberg Charles-Eugène, un Allemand. La principauté fut donc une enclave dans le royaume de France. C’est seulement en 1793 que le territoire est incorporé à la République française.
Un phénomène renforcé par la situation géographique. Lorsque Montbéliard était toujours la principauté de Montbéliard, un corset douanier était mis en place le long de la frontière.« Il entourait la seule échappatoire économique, la Suisse, explique l’historien. Et donc, Montbéliard était en situation obsidionale (comme assiégée, NDLR) par rapport à la France. » Entre leur passé commun et la citation géographique, la solidarité naturelle a permis au district urbain du Pays de Montbéliard de voir le jour.
Une agglomération pour donner de la visibilité
En 1999, le district urbain du Pays de Montbéliard change de nom et devient la Communauté d’Agglomération du Pays de Montbéliard (CAPM). Entre-temps, les 24 premières communes sont rejointes par Allenjoie en 1969 puis Badevel, Dasle et Vandoncourt en 1994. En 1999, l’agglomération de Montbéliard est la première communauté d’agglomération créée en France, dans le cadre de la loi Chevènement sur les intercommunalités, avec la création de la communauté d’agglomération du pays de Montbéliard (CAPM).
Petit à petit, des communautés de communes se forment autour de la CAPM : Les 3 Cantons, la Vallée du Rupt, les Balcons du Lomont et le Pays de Pont-de-Roide-Vermondans. Ces quatre dernières rejoignent Pays de Montbéliard Agglomération le 1er janvier 2017 ; elle avait adopté ce nom en 2010. « Ça donne de la lisibilité d’un point de vue économique et démographique », soulève Pierre Lamard. L’agglomération permet aux plus petites communes de bénéficier de l’attraction commune.