« C’est avec une profonde émotion que j’apprends le décès de Jean-François Humbert, ancien président de la Région Franche-Comté », indique Jérôme Durain, actuel président du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Jean-François Humbert était né le 17 octobre 1952 et était donc âgé de 73 ans.
Jean-François Humbert a présidé la Région de 1998 à 2024, année où il a été battu par le socialiste belfortain Raymond Forni. Il avait succédé à Pierre Chantelat. Jean-François Humbert a été élu régional de 1986 à 2010 ; avant sa présidence, il a été membre de l’exécutif et a présidé le comité régional du tourisme de 1995 à 1998. Il a été sénateur du Doubs de 1998 à 2014, et conseiller régional du Russey.
Jean-François Humbert s’était distingué en 1998 en refusant de gouverner avec le soutien de l’extrême droite. Cette année-là, les élections n’avaient pas permis de dégager une majorité absolue au conseil régional. Elu à la présidence de l’assemblée régionale avec des voix de l’extrême droite, il avait aussitôt démissionné de cette fonction, refusant de devoir son élection au Front National. Ce coup d’éclat, qui le distinguait d’autres élus de droite comme Charles Million ou Jean-Pierre Soisson, lui a valu la Légion d’honneur, remise par Jacques Chirac, alors président de la République. Après sa démission, il avait été réélu président de la Région, mais cette fois dans le cadre d’un « accord républicain » avec la gauche conduite par Pierre Moscovici.
« Profondément attaché au territoire et à mieux faire rayonner la Franche-Comté, Jean6François Humbert fut un élu largement apprécié notamment pour son franc-parler, sa force de caractère et son attachement au dialogue républicain », souligne le Jérôme Durain dans son communiqué de presse.
La présidente du conseil départemental du Doubs, Christine Bouquin, salue quant à elle « un des premiers responsables politiques à affirmer clairement une ligne républicaine sans ambiguïté face aux extrêmes ». «
« Issu d’une famille du haut Doubs, ayant grandi et étudié à Besançon, Jean-François incarnait cette génération d’élus pour lesquels l’ascension républicaine passait par le travail, l’engagement et le sens du service, écrit-elle dans un communiqué publié sur Facebook. Son parcours — facteur, ouvrier, moniteur, avant de devenir maître en droit puis conseiller juridique — disait beaucoup de sa détermination et de ses valeurs. J’ai eu l’honneur de siéger à ses côtés au Conseil régional de Franche-Comté. J’y ai connu un homme exigeant, profondément attaché à l’éthique publique, et toujours soucieux de défendre l’intérêt général. Élu conseiller général, conseiller régional pendant plus de vingt ans, président de la Région Franche-Comté, puis sénateur du Département du Doubs, il a exercé toutes ses responsabilités avec sérieux, constance et courage. Il restera aussi l’un des premiers responsables politiques à affirmer clairement une ligne républicaine sans ambiguïté face aux extrêmes. Au Sénat, il s’est distingué par un travail rigoureux, notamment au sein des commissions des affaires européennes, de la culture, de l’éducation et de la communication. Sportif passionné, ceinture noire de judo, fidèle supporter du FC Sochaux-Montbéliard, il conservait cette énergie et cette droiture qui caractérisaient sa manière d’être (…).
Damien Meslot, maire de Belfort, ancien député du Territoire de Belfort, salue « son engagement dans l’histoire politique de la Franche-Comté ». « Il était un homme de valeurs, de cohérence et de compromis, réagit-il dans un communiqué. Centriste et humaniste, il ne transigeait pas sur ses idées et fut celui qui refusa de se faire élire par les voix du Front National qui l’avaient pourtant porté à la présidence de la Région Franche-Comté. S’interdisant ce soutien allant à l’encontre de ses convictions, il démissionna immédiatement. Cet acte courageux illustre bien l’homme qu’il fut et la fidélité qu’il portait à ses idées. La Franche-Comté perd aujourd’hui un grand serviteur. Le monde politique d’aujourd’hui manque cruellement d’hommes comme lui. J’adresse mes plus sincères condoléances à ses proches » conclut Damien Meslot.
Michel Zumkeller, ancien député du Territoire de Belfort, évoque un « homme du peuple, président de la région Franche-Comté, sénateur du Doubs, il s’est toujours battu avec convictions pour notre belle région. Il a ainsi, eu une influence déterminante dans l’attribution du TGV, grâce à sa proximité avec Jean-Pierre Rafarin. Mais ce qui caractérise le plus Jean-François, c’est la force de ses convictions. En affirmant son refus de pactiser avec l’extrême droite, en 1998, en prenant le risque de ne pas accéder à la présidence de la région, il a affirmé une ligne politique républicaine claire. Et je n’oublierai jamais alors que j’étais un parfait inconnu, qu’il avait accepté en 2002 de venir me soutenir, lui le président de région. Je suis honoré durant mes mandats d’avoir pu mener des actions à ses côtés, sur des sujets qui nous rassemblaient, comme la défense de notre territoire, ou des peuples en détresse comme les Tibétains. Il incarne une manière de faire de la politique simple, au contact de la population, hélas en train de disparaître. »
