(Pierre-Yves Ratti avec AFP)
L’ancienne ministre Huguette Bouchardeau, militante féministe et candidate à l’élection présidentielle de 1981, est morte lundi à l’âge de 90 ans, a annoncé ce jeudi 22 mai le Parti socialiste. Elle avait été la première députée de la 4e circonscription du Doubs, qui venait d’être créée.
« Femme politique, infatigable militante féministe et compagnonne de route du Parti socialiste, Huguette Bouchardeau s’est éteinte ce lundi 18 mai à l’âge de 90 ans », a indiqué le PS dans un communiqué.
Huguette Bouchardeau était née le 1er juin 1935 à Saint-Etienne (Loire) dans une famille modeste de six enfants. Elle avait effectué ses études à Strasbourg et Lyon. Elle avit décroché une agrégation de philosophie en 1961 et a été professeur de philosophie à Saint-Etienne. Elle s’est engagée dans le syndicalisme durant ses études et a poursuivit son action militante durant sa vie professionnelle, d’abord à la FEN (fédération de l’éducation nationale), puis au SGEN-CFDT (syndicat général de l’éducation nationale – CFDT)
Son engagement pour le féminisme l’avait amenée à créer en 1968 le Mouvement de libération pour l’avortement et la contraception. Elle a aussi fondé l’un des premiers centres d’études féministes universitaires (le CLEF) et publié un livre dénonçant l’exclusion des femmes de la vie publique.
Députée de 1986 à 1993
Opposante à Michel Rocard, elle était devenue, en 1979 la première femme à diriger une organisation politique en France, le Parti socialiste unifié (PSU) – aujourd’hui dissous. Elle s’était présentée sous cette étiquette à l’élection présidentielle de 1981, mais n’avait recueilli que 1,10% des suffrages, avant de soutenir François Mitterrand au second tour.
Elle était ensuite devenue secrétaire d’Etat, puis ministre de l’Environnement en 1984. Elle a été députée de la 4e circonscription du Doubs entre 1986 et 1993. Cette circonscription aujourd’hui détenue par la député RN Delphine Grangier regroupe les anciens cantons d’Audincourt, Etupes, Hérimoncourt, Pont-de-Roide, Sochaux-Grand-Charmont, Valentigney. Jean Geney lui avait succédé en 1993, alors qu’elle ne s’était pas représentée.
Elle s’est installée dans le Gard où elle a été élue maire de sa nouvelle commune de résidence, Aigues-Vives, de 1995 à 2001. Elle se retire ensuite de la vie politique et se concadre à l’écriture et de lancer une maison d’édition, HB éditions.
Le PS a rendu hommage à son rôle de « fer de lance » de la lutte pour le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG).
L’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve a rendu hommage à une « intellectuelle et une militante infatigable qui aura marqué l’histoire de la gauche et de la République par son courage et son universalisme ».