L’unanimité a finalement prévalu ce jeudi 29 octobre au conseil municipal de Belfort sur les divers points examinés sur le « Projet Arabelle », tel qu’il était désigné dans l’ordre du jour : le déclassement d’une partie de la rue Thierry-Mieg au Techn’hom, la modification du Plan local d’urbanisme (PLU), la cession de terrain, le remboursement par Arabelle de coûts supportés par la Ville ont été adoptés sans aucune opposition, pas même une abstention. Ces points avaient également été adoptés lors du dernier conseil du Grand Belfort.
C’est donc une nouvelle étape qui est franchie vers la construction du nouveau bâtiment d’Arabelle Solutions sur une vaste surface au sud de l’ « étang Bull ». Les actuels bâtiments de l’Afpa (qui déménagera dans d’autres locaux du Techn’hom) et un ancien bâtiment d’EDF seront démolis.
La perspective de 2000 salariés
Le maire, Damien Meslot, a en préambule de l’examen des différents points placé ce dossier dans un contexte national, voire international, en expliquant que les turbines qui seront assemblées dans ce nouvel atelier permettront à la France de produire de l’électricité à bas coût, de réaliser les EPR et de répondre à la demande internationale en énergie. Il s’est réjoui de la future ré-internationalisation par Arabelle Solutions des ailettes et du bobinage alternateurs.
Quant à la situation locale, il s’est réjoui de la perspective de voir Arabelle Solutions atteindre un effectif de 2000 salariés
S’il a dit d’entrée son approbation pour ce projet, Bastien Faudot (GRS) a regretté qu’on ait « perdu douze ans dans ce dossier, beaucoup argent public et beaucoup d’emplois ». IL s’en est pris à François Hollande et à Emmanuel Macron pour avoir laissé faire la vente de la partie énergie d’Alstom à GE et a reproché à Damien Meslot de l’avoir approuvée également, en stigmatisant « une absence de vision stratégique ». « Cela a couté cher à notre pays, à notre territoire. C’est une réparation nécessaire », a-t-il conclu.
Christophe Soustelle (RN) s’est interrogé sur la pertinence de l‘emplacement tout en se joignant à « l’œcuménisme » autour de ce projet.
« M. Macron s’est aperçu de sa bêtise »
Damien Meslot lui a indiqué que l’emplacement du stade des Trois-Chênes, a aussi été étudié, mais qu’il présentait des problèmes de pollution qui aurait pu entrainer des retards alors qu’Arabelle Solutions a pour objectif de commencer la production en 2029 dans ce nouvel atelier.
A Bastien Faudot, il a reproché de « tordre un peu l’histoire » et a expliqué n’avoir « jamais été favorable à la vente Alstom ». « Quand Macron a décidé la vente Alstom, il avait deux solutions : Siemens, dont projet était de fermer et tout rapatrier en Allemagne et GE qui était la moins mauvaise solution. Si c’était à refaire, j’aurais fait la même chose. Je regrette la perte de temps et l’abandon du programme nucléaire. M. Macron s’est aperçu de sa bêtise et est revenu en arrière ».
En revenant du le nouveau bâtiment, il s’est à nouveau enthousiasmé sur la construction de ce bâtiment qu’il voit comme « un navire amiral » qui « permettra à Belfort de redevenir un centre d’expertise mondiale dans le nucléaire ».
Ian Boucard, conseiller municipal, mais aussi député LR du Territoire de Belfort, en s’adressant à Christophe Soustelle, a reproché au député RN du nord Territoire, Guillaume Bigot, d’avoir « tenté de censurer le gouvernement » sur la loi de programmation pluriannuelle sur l’énergie. « S’il y a cet investissement, c’est grâce à cette programmation », a-t-il argumenté.
Aidez-nous à installer et développer un site d’informations en accès gratuit dans le nord Franche-Comté! Letrois.info vous propose de l’info locale de qualité pour vous aider à comprendre les grands enjeux de la région de Belfort-Montbéliard-Héricourt, qui constitue un bassin économique et un bassin de vie au-delà des frontières administratives.

