« On ne lâche rien » Le rendez-vous était donné à 10 h devant la Maison du peuple de Belfort. L’ensemble des syndicats de la fonction publique a appelé à une journée de manifestation ce mardi 29 septembre (lire notre article). Une mobilisation suivie dans la Cité du Lion. Ils étaient plusieurs centaines à déambuler dans les rues de Belfort pour défendre leurs droits et l’accès aux services publics. Une manifestation qui ne tombe pas par hasard. Cette semaine, le gouvernement va présenter le projet de loi de finances pour 2027.
Une crainte du gel du point d’indice
Un des points majeurs de cette manifestation : la hausse des salaires. « Aujourd’hui, c’est vraiment contre le gel du point d’indice pour les fonctionnaires », souligne Mélanie Meier, responsable CFDT. Le salaire des fonctionnaires est déterminé grâce à des grilles indiciaires. Chaque catégorie de cette grille correspond à un nombre de points. Pour connaître son salaire, un fonctionnaire multiplie son nombre de points par la valeur du point d’indice qui est actuellement de 4,93. Déjà gelé entre 2010 et 2016, puis entre 2017 et 2022, les syndicats craignent que le point d’indice n’augmente pas l’année prochaine.
« Les personnes dans la catégorie C, en général les personnels administratif, technique ou logistique, sont rattrapées par le Smic », déplore Mélanie Meier. Pour atteindre le salaire minimal, les fonctionnaires perçoivent des compensations. « Sauf que cette compensation ne compte pas pour la retraite », complète Eric Peultier, membre du Force ouvrière 90.
Les personnels soignants en souffrance
En tête de cortège, les militants tiennent une banderole de l’hôpital Nord Franche-Comté. Le personnel soignant est en première ligne face aux problématiques. « Les agents de service hospitalier (ASH) restent douze ans avec le même salaire, sans aucune perspective d’augmentation salariale », interpelle Mélanie Meier. Elle observe à l’hôpital le personnel partir, mais pas remplacé. « Il y a des fermetures de lits parce qu’il y a un manque de personnel », complète Eric Peultier. Il assure que, s’il y avait un meilleur salaire, les métiers de la santé seraient plus attractifs. Mélanie Meier le regrette : « Derrière, c’est l’égalité des droits qui est menacée »
Rendre attractifs les métiers de l’éducation
Les membres de l’éducation nationale sont également présents durant le cortège. Benoît Guyon, représentant syndical Snes-FSU le sait : « Les métiers de l’éducation sont de plus en plus dévalorisés. » Aujourd’hui, le premier salaire d’un professeur est d’un 1,02 du Smic, contre 2 Smic dans les années 1980. « Nous sommes des professions plutôt féminisées et donc cela participe aux inégalités entre les hommes et les femmes. » Pourtant, l’Éducation nationale va devoir recruter dans les prochaines années et la hausse des salaires pourrait être la solution. « Un tiers des fonctionnaires de l’équipe éducative va partir à la retraite », souligne Benoît Guyon.
Sabine Verdant, membre de la CGT, est venue en soutien à la fonction publique. Elle revient sur la prochaine fermeture du bureau de poste de Chèvremont. « On se mobilise aussi pour l’accès aux services publics dans le territoire. » Et pas seulement dans les grandes villes, mais aussi dans les communes. « Il y a tellement de revendications pour les services publics qu’on pourrait en parler toute la journée. »


