Le débat d’orientations budgétaires 2027 était au menu du conseil municipal de Belfort, ce jeudi 29 octobre 2026. C’était l’autre dossier important à l’ordre du jour, avec les décisions à prendre autour du projet de nouveau bâtiment d’Arabelle Solutions.
Sébastien Vivot, adjoint en charge des finances, a annoncé une baisse des dépenses de fonctionnement de 2,1 millions d’euros par rapport au budget primitif de 2026. Pour parvenir à ce chiffre, il a évoqué plusieurs facteurs : « L’accueil d’une étape du tour de France [accueilli en 2026, mais pas en 2027- NDLR], un recentrage de certaines politiques publiques, un effort partagé avec les associations subventionnées par la Ville. L’enveloppe consacrée aux associations devrait diminuer au global de 15%. Un repositionnement au Grand Belfort des subventions aux associations d’étudiants plus en phase avec la compétence enseignement supérieur et recherche, et celle de l’école d’art Gérard-Jacot de par son rayonnement communautaire. La masse salariale sera contenue à + 0,8 % », indique le rapport qu’il a présenté.
Les dépenses d’équipements sont annoncées à un peu plus de 20 millions d’euros, avec presque 5 millions en 2027 pour la plaine des sports Serzian, 1,2 millions pour la reconstruction de la base de vie de la rue Saussot (détruite en partie par un incendie), 1 million pour le faubourg de France et la place de la Commune (4 millions étant aussi envisagés en 2028 et presque autant en 2029) .
Sébastien Vivot a également précisé que les recettes de fonctionnement devraient évoluer positivement, grâce à la hausse des bases fiscales (décidées par le Parlement) de la dotation globale de fonctionnement (DGF) et des nouveaux tarifs de la restauration scolaire.
« Quand Paris rabote, Belfort rabote encore plus »
Florian Chauche, pour la liste « Belfort avec vous », a estimé que « dénoncer les coupes budgétaires de l’Etat ne peut servir à justifier tous les choix de la majorité municipale » : « Quand Paris rabote, Belfort rabote encore plus », s’est-il exclamé !
Il s’est inquiété de la trajectoire de la dette et a estimé que le financement des investissements n’était pas suffisamment précisé. Il s’est surtout interrogé de savoir sur qui allaient peser les économies de fonctionnement : « Les premiers concernés sont les associations, les agents de la Ville et les familles », a-t-il déploré, tout en relevant que « quand une ville compte autant d’habitants en situation de précarité, la justice sociale ne peut pas être une variable d’ajustement budgétaire ».
Il a estimé que les annonces faites pour rafraîchir écoles et crèches manquaient d’ambition et a réclamé une politique du logement plus ambitieuse également.
L’ancien député a aussi réclamé la publication d’une étude sur les retombées économiques du Tour de France à Belfort.Damien Meslot a répondu en expliquant que la Ville faisait comme n’importe quel foyer : « Quand il y a une baisse de revenu, il faut faire des économies. Votre programme aurait provoqué de 15 à 20 % d’augmentations impôts. Nous sommes élus sur une absence de hausse d’impôts ; donc tout le monde est conscient qu’il faut faire des économies ».
Sur les cantines, le maire a indiqué que « les plus pauvres payent 89 centimes. La hausse est de 6% sauf pour ceux qui sont au bas de l’échelle. » Il a cité aussi « la mutuelle communale qui permet une baisse de cotisation jusqu’à 100 euros par mois ; ça c’est une hausse pouvoir achat ! »
« Vous avez cramé la caisse dans le mandat précédent »
Bastien Faudot (« Tous Belfortains ») a quant à lui estimé que ce « budget d’austérité est décorrélé de ce que l’Etat risque de nous imposer. Il n’est pas le résultat des contraintes de Paris, mais du fait que vous avez cramé la caisse dans le mandat précédent », a-t-il affirmé. Il a ainsi estimé que la majorité présentait volontairement ses prévisions budgétaires en pleine incertitude budgétaire à l’ »chelon national (et donc sur les financements alloués aux collectivités locales) pour en tirer parti.
Au passage, il a critiqué la rhétorique de Damien Meslot à l’intention des Belfortains: « Quand il y a quelque chose de bien pour Belfort, c’est grâce à leur bon maire ; quand cela ne va pas bien, c’est de la faute des autres, » a-t-il raillé.
Il a aussi dénoncé une « dette de 75 millions fin 2025, historiquement élevée, même quand Belfort comptait plus de 50 000 habitants ».
Il s’en est pris aussi à la politique fiscale du maire : « Dès le début du mandat précédent, vous avez augmenté les impôts fonciers en profitant de la suppression de la taxe d’habitation. Entre vos augmentations des taux et la hausse des bases, la taxe foncière a doublé en six ans ! Cela représente 10 millions de recettes supplémentaires, et vous les avez déjà dépensés ! Vous vous êtes engagé à la stabilité des impôts pour ce mandat ; vous vous êtes ajouté une contrainte ; vous n’avez pas de marges de manœuvre sur les recettes, donc il faut réduire la voilure sur les dépenses ». Il a ainsi estimé que la Ville avait de plus en plus recours aux contractuels (+ 35 %, a-t-il affirmé), car les charges sont plus faibles que pour les titulaires.
Damien Meslot a balayé l’argumentaire d’un revers de mains estimant avoir assisté, en écoutant Bastien Faudot, à un vaudeville. Citant les autres collectivités, il a affirmé que « l’Etat pique à tout le monde » : 11 millions d’euros sur six ans pour la Ville de Belfort, a-t-il indiqué.
Et il a défendu le niveau d’endettement : « Nous aurons en face des réalisations extrêmement importantes ».
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