De nombreux dossiers de cessions d’immeubles ont été abordés ce jeudi 24 septembre 2026 au conseil municipal de Belfort.
Parmi eux, un immeuble situé au 4 place d’Armes, actuellement occupé par des services de la Ville. Il a été estimé par les services des Domaines à 572 000 euros, mais Sébastien Vivot, premier adjoint en charge des finances, a proposé aux conseillers municipaux de répondre favorablement à l’offre d’achat de Paul Poulaillon pour un montant de 840 000 euros. « L’objectif de l’acquéreur consiste à implanter en rez-de-chaussée un service de restauration sous l’enseigne « Poulaillon » et rénover l’ensemble immobilier en logements à louer ou en acquisition à la propriété, » a exposé Sébastien Vivot.
« Quels commerces pour la vieille ville ? »
Christophe Soustelle, pour le RN, a estimé que la vieille ville n’a « pas besoin de ça » et a suggéré d’installer ce type d’établissement soit aux 4 As, soit en face de la gare « à la place des kébabs et des Crousti Poulet ».
Muriel Thanneur (groupe Belfort avec vous) a estimé que, « avant de décider à qui le vendre, il faudrait d’abord nous demander quel projet nous voulons pour ce lieu et quels sont les besoins du quartier ». Elle s’est aussi interrogée sur « la publicité faite autour de cette vente » et a demandé si « d’autres offres ou manifestations d’intérêt » ont été reçues par la Ville. Elle a aussi exprimé sa crainte d’instaurer une concurrence pour d’autres commerces de restauration et de boulangerie de la vieille ville.
En réponse, le maire, Damien Meslot, s’est étonné d’avoir reçu une offre supérieure de 10 000 euros à celle de Paul Poulaillon la veille du conseil municipal, via un avocat et sur présentation d’huissier, « alors que nombreuses visites ont été organisées et quatre jours après l’envoi des dossiers du conseil municipal aux élus. Il s’est étonné aussi que le l’offre qu’il a reçu in extremis reprenne « des formules du rapport, ce qui laisse à penser qu’un élu a transmis un projet de rapport ».
Et de lancer cet avertissement : « Les projets de rapport ne sont pas des documents publics. Je m’interroge sur la méthode et les intérêts défendus. Les conseillers municipaux doivent défendre les intérêts des Belfortains et pas les intérêts de tel ou tel groupe immobilier. »
Le maire s’est également interrogé sur la provenance des fonds de celui qui a formulé cette offre en faisant référence à de nombreux acquisitions immobilières effectuées à Belfort et a souligné « de multiples manquements avec les services de la Ville ».
L’offre de Paul Poulaillon a été retenue par les élus.
Un projet d’immeuble privé aux Résidences
L’autre dossier de cession qui a fait débat concerne la vente de terrain aux Résidences à Alti Promotion. « Suite aux démolitions des tours situées 1, 2 et 3 rue Henri-Dorey, la Ville de Belfort a acheté les emprises foncières de Territoire Habitat pour procéder à un redécoupage du foncier et permettre l’implantation de nouveaux programmes immobiliers résidentiels et commerciaux. La société Alti Promotion qui est spécialisée dans l’immobilier commercial, s’est engagée sur un projet de construction d’un immeuble qui sera situé sur le lot 18, dans le prolongement de ceux déjà construits par Néolia. Il comprendrait une cellule commerciale de 400 m² environ située au rez-de-chaussée côté boulevard JF Kennedy et de 6 logements en accession à la propriété côtés rue Lucien-Valette », a exposé Sébastien Vivot.
L’évaluation des domaines est de 82 euros le mètre carré, mais Sébastien Vivot a fait la proposition suivante : « Compte-tenu de la difficulté de commercialiser un programme neuf dans un quartier politique de la ville, il est proposé que la Ville de Belfort cède le terrain à un prix décoté de 50 € HT par mètre carré. » Un prix calculé « calculé sur la base du prix moyen d’achat des terrains de Territoire Habitat ».
Bastien Faudot, en faisant référence à la vente des anciens locaux du District, boulevard Henri-Dunant, au même promoteur, a émis de fortes réserves. « Un homme averti en vaut deux », a-t-il lancé. Le promoteur ayant fait un bénéfice important boulevard Henri-Dunant quelques mois après l’achat, il estime que le Ville a eu un manque à gagner et que cela risque de se renouveler avec un prix de vente « 40 % en dessous de l’estimation des Domaines ».
Damien Meslot a justifié ce choix par la volonté de faciliter la réalisation de « logements à des prix accessible à cet endroit-là ». Quant aux anciens locaux du District, il a défendu son choix d’alors par le fait que « l’endroit se dégradait fortement » et par les coûts d’assurance et de gardiennage, tout en soulignant que la vente s’était faite au prix des Domaines.
Ce dossier a également été approuvé par le conseil municipal.
Aidez-nous à installer et développer un site d’informations en accès gratuit dans le nord Franche-Comté! Letrois.info vous propose de l’info locale de qualité pour vous aider à comprendre les grands enjeux de la région de Belfort-Montbéliard-Héricourt, qui constitue un bassin économique et un bassin de vie au-delà des frontières administratives.