« La France insoumise complice, justice pour Quentin » placardée en affiche sur la devanture de la permanence de la liste « Belfort avec vous » aux élections municipales de Belfort. Des croix de Lorraine peintes à la peinture rouge. Ou encore de la peinture rouge s’apparentant à du sang grimant le visage de Florian Chauche, la tête d’une liste (lire notre article) rassemblant plusieurs forces de gauche (LFI, Les Verts, le Parti communiste et le collectif citoyen En Commun pour Belfort). Florian Chauche est membre de la France insoumise et ancien député de la 2nd circonscription du Territoire de Belfort (2022-2024).
Dans la nuit de lundi à mardi, la permanence de la liste candidate aux élections municipales, installée rue Proudhon, dans l’espace piéton en centre-ville de Belfort, a été vandalisée. Un incident qui sonne en réaction aux événements de Lyon qui ont conduit à la mort de Quentin, 23 ans, en marge d’une conférence à l’institut d’études politiques (IEP) de l’Eurodéputé Rima Hassan.
Deux individus filmés à la vidéo-surveillance
Deux hommes cagoulés ont agi entre 00 h et 00 h 15, confirme le système de vidéo-surveillance de la Ville, selon le maire Les Républicains (LR) Damien Meslot, dans un communiqué de presse. La police scientifique a fait des relevés ce mardi matin a noté Florian Chauche, joint par téléphone. « J’ai déposé plainte au commissariat », a-t-il ajouté.
« Cela instaure un climat de peur, dénonce Florian Chauche. Il faut jouer l’apaisement et appeler au calme. » Il appelle les états-majors politiques à ne pas entrer dans une dynamique de surenchères. « J’ai confiance dans la police et la justice de notre pays », a-t-il ajouté, évoquant l’enquête toujours en cours pour identifier les responsables de l’homicide de samedi.
En 2024, des militants de la France insoumise avaient été victimes d’injures racistes alors qu’ils tractaient lors des élections législatives. Un Belfortain avait été condamné (lire notre article).
« La violence en politique de mène à rien »
À Belfort, les messages de soutien sont nombreux et unanimes. Damien Meslot a été le premier à dégainer : « Dans une démocratie, le débat politique doit s’exprimer dans le respect et jamais par la violence ou l’intimidation. » Le Parti communiste français dénonce « les amalgames honteux qui cherchent à faire porter la responsabilité́ d’un acte criminel à un mouvement politique, en l’occurrence La France Insoumise, sans attendre les conclusions de l’enquête ».
Bastien Faudot, qui mène l’autre liste de gauche « Tous Belfortains » (lire notre article), déclare de son côté : « Dans un contexte marqué par l’émotion après le lâche assassinat de Quentin Deranque à Lyon par des criminels en bande organisée, ces dégradations ne font qu’ajouter de la tension là où nous avons collectivement besoin de faire baisser la température. »
Le Rassemblement national, qui tente, tant bien que mal, de boucler une liste à Belfort après le départ de Quentin Macculo (lire ici et ici nos articles), « tiens à condamner sans la moindre hésitations de tels agissements », écrit Christophe Soustelle, qui doit, à présent, mener la liste RN-UDR. « La violence en politique ne mène à rien », appuie finalement Florian Chauche. Un message repris par toutes les forces politiques.
Parmi les forces de gauche, si l’on salue les soutiens à droite, on ne manque pas de rire jaune quant à « l’ambivalence de certains propos ». « C’est le double discours des élus qui soutiennent des représentants avec des discours radicaux et qui essaient de s’en dédouaner localement », indique une personnalité politique de gauche qui ne veut pas polémiquer, mais qui n’en pense pas moins.
Sollicitée, la procureure de la République du tribunal de Belfort, Jessica Vonderscher, confirme « qu’une enquête de flagrance est en cours ».