Zélie Noréda, En Résidence Secondaire : « Ce qui me plaît, c’est raconter des histoires »

Zélie Noréda, l’une des deux photographes du festival En Résidence Secondaire à Belfort, nous propose une leçon de photographie toute en douceur. Avec son cœur, plus que son appareil, elle raconte comment elle compose ses plus beaux clichés. Ce qui compte, c’est raconter des histoires, celles des festivaliers, car c’est eux qui racontent le mieux le festival, selon elle.

Zélie Noréda, l’une des deux photographes du festival En Résidence Secondaire à Belfort, propose une leçon de photographie toute en douceur. Avec son cœur, plus que son appareil, elle raconte comment elle compose ses plus beaux clichés. Ce qui compte, c’est raconter des histoires, celles des festivaliers, car c’est eux qui racontent le mieux le festival, selon elle.

Quelle est ton histoire ? Comment est venue la photographie dans ta vie ? 

ZélieJe viens du cinéma,  j’ai fait une école de cinéma technique. Après ça, j’ai bossé pendant douze ans dans le cinéma. Je faisais du théâtre en même temps, de la mise en scène. Toujours autour des histoires. J’étais à Paris et la vie perso m’a ramenée à Belfort. Le cinéma m’avait un peu étouffée. Mais l’image me manquait énormément. J’ai commencé à prendre des photos à Belfort à 24, 25 ans. Et c’est Jean-Paul (le directeur des Eurockéennes) qui m’a poussée. Il m’a donné un coup de pied aux fesses et, surtout, il m’a donné confiance. Depuis là, je fonctionne à l’émotion. Je viens de la mise en scène: ce qui me plaît, c’est raconter des histoires. Je bosse sur des tournées, on me prend pour les backstages, les bus, loges : tout ce qui est instant de vie, moment de vie. Je construis l’histoire de l’album avec tout ceux avec qui je travaille. Mon idée, c’est de ne jamais prendre l’artiste sur scène. Je me retourne, je regarde le public et je raconte ce qui se passe dans les yeux des gens. La photo, pour moi, ce n’est pas une histoire de matos. Qu’on m’enlève mon appareil, ce n’est pas grave. Le pire, ce serait qu’on m’enlève mes yeux ! Avec un iPhone, avec un appareil jetable, on peut faire des trucs de dingue. C’est l’œil. Les premières années, j’avais mon iPhone avec un petit objectif. Je crois qu’il faut juste être touché. C’est sûrement dû à ma formation, à mon travail sur la mise en scène. Et puis, il y a mes tripes dedans. Je vis mon travail comme un art, et pas une mission.

En festival, comment fait-on pour composer de superbes clichés ?

ZélieOn fait marcher le cœur. Peu importe l’appareil que j’ai, je n’en ai rien à faire de la technique. Je règle un minimum en fonction de la lumière, ou même en automatique. L’essentiel, c’est ce qui se passe dans le cadre quand je regarde. Je me balade, j’ouvre les yeux, le cœur, et le doigt appuie quand moi je suis émue. Et du coup, c’est ma manière à moi de raconter le festival. Et parfois, j’ai des ratés. Mais j’adore, parce que la vie est faite de ratés un peu pourris, un peu pas nets, un peu flous. Si tout est net, bien cadré, si les guitares sont bien alignées, c’est lisse, parfait : mais on perd l’émotion. J’aime bien le mouvement, quand c’est un peu flou, quand c’est décadré. Je ne fais pas trop de post-production. Ce n’est pas mon truc. L’idée, c’est de capturer l’instant quand quelque chose se passe devant moi. J’ai beaucoup de mal avec les thèmes. En festival, on répond à des demandes, c’est sûr. Mais les demandes, c’est de raconter le festival, l’âme du festival. Et pour moi, l’âme du festival est dans les festivaliers. Ma mission, c’est de retranscrire l’émotion du festivalier en image. Si ils posent, c’est mort. Dansez, faites votre vie ! C’est comme ça qu’on a les plus beaux clichés. C’est le cœur qui appuie sur le clic-clac de l’appareil.

L’âme du festival en Résidence Secondaire en photos est-elle différente de celle des Eurockéennes ?

Zélie Ça fait sept ans que je couvre les Eurockéennes. Et cette année, c’était un nouveau défi. Il ne fallait pas raconter les Eurockéennes, mais trouver l’âme du festival En Résidence Secondaire. Et j’ai adoré. Le format différent, le temps, a fait qu’on a eu des personnes beaucoup plus lookées. Pas de boue, pas de bottes. Il y avait une âme différente, plus presqu’île enchantée, très sweet. Et en photo, c’était top. Je trouve que c’est un pari réussi ; on a réussi à donner une identité à ce nouveau format.

Y-a-t-il des photographies que tu as faites en festival qui t’ont marquée ?

ZélieJ’ai un souvenir comme ça, d’une foule qui danse devant M. Et d’un coup, une nana s’est mise à pleurer. Elle a eu une grande émotion parce que, peut-être que ça lui rappelle une histoire. Pas le temps de changer d’objectif, il faut juste capturer l’instant. Ce type de cliché, c’est ce qui me caractérise et ce qui me plaît. Il y a aussi une autre chose qui m’a beaucoup émue. C’est le moment où, en festival, les artistes commencent à reprendre tes photos. Il y avait cette fois avec Orelsan, où il est dans le public, avec une vague de gens qui le soulèvent. Elle m’a vraiment émue. Il l’a repostée. Le plus beau, c’était un couple de festival. Ils étaient au tout début de leur histoire, et je les ai pris en train de s’embrasser devant la grande roue. Des années plus tard, elle m’a recherchée pour que je fasse leurs clichés de mariage. C’était touchant; j’ai raconté leur histoire d’amour. J’ai immortalisé leur début. J’ai raconté une histoire qui a perduré.

Tu ne travailles pas seule… Vous êtes deux sur le festival. Comment vous répartissez-vous les photos avec Jérémy ?

« Jérémy (Cardot, NDRL) et moi, on est très complémentaires. Je bosse sur les ambiances, et Jérémy sur les artistes, les scènes. On est chacun dans notre domaine, et c’est ça qui fait notre force. Sans Jérémy, on ne rendrait pas l’âme du festival. Il raconte une autre partie que je ne saurais pas faire seule. Un véritable duo. »

[ En images ]

Photos prises par Zélie Noréda

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