Alyssa Appino
« C’est le fruit d’une prise de conscience commune : il faut faire quelque chose cette année pour éviter un dérapage », annonce Paul Langlois, directeur de la Fédération des Chasseurs (FDC) de la Haute-Saône. Le 16 octobre 2026, il a participé à une réunion avec les représentants de l’État et des organisations agricoles pour répondre aux inquiétudes des exploitants. Face à l’augmentation des populations de sangliers et aux dégâts occasionnés sur les parcelles agricoles, plusieurs décisions clés ont été arrêtées jusqu’à la fermeture de la saison, en février 2027.
Une baisse du prix du bracelet
La mesure la plus notable est la baisse du prix du bracelet à 10 euros sur l’ensemble du territoire. Ce dispositif, obligatoire pour enregistrer chaque animal prélevé, constitue pourtant l’une des principales ressources financières de la FDC. « Évidemment, cela ne nous a pas fait plaisir, mais au vu de la situation, c’était nécessaire », affirme son directeur.
Pour les secteurs les plus touchés, notamment dans la vallée du Breuchin, un arrêté préfectoral autorisant les tirs de nuit par les lieutenants de louveterie est prévu. En parallèle, une proposition d’interdire l’agrainage, c’est-à-dire le nourrissage en forêt pour retenir le gibier, est soumise à consultation publique pour la saison 2026-2027. Enfin, la possibilité d’une ouverture anticipée de la chasse dès le 15 août pour la saison 2027-2028 sera étudiée lors de la préparation du prochain arrêté annuel.
10 700 sangliers abattus l’an dernier
Ce plan exceptionnel intervient alors que le climat a directement aggravé la situation sur le terrain. « Pendant la canicule, l’activité des sangliers a été relativement faible. Maintenant que les températures sont redescendues, cela provoque des réactions vives sur les prairies et les parcelles de blé », éclaire Paul Langlois.
Ces dégradations représentent une perte de rendement significative pour les agriculteurs locaux, déjà mis à mal par la sécheresse. Chaque année, la Fédération des Chasseurs de Haute-Saône traite plus de 800 dossiers d’indemnisation, ce qui lui a coûté plus d’un million d’euros en 2025 pour rembourser les dégâts causés sur les parcelles. L’an dernier, plus de 10 700 sangliers avaient pourtant été prélevés pendant la période de chasse.
Les prochaines étapes consistent désormais à communiquer auprès des chasseurs et des agriculteurs sur le déploiement de ces nouvelles règles. Il s’agira, dans les semaines à venir, de mettre en place les actions prévues sur le terrain et d’assurer un suivi précis des engagements pris lors de cette réunion afin de mesurer l’impact réel du dispositif sur les populations de sangliers.
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